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vendredi 28 décembre 2012
Une âme damnée, Paul Gégauff, c'est (presque) fini ...
Avant de prendre le large, plein ouest et au coeur des montagnes de Savoie, on se dit que, décidément, notre Gégauff, Une âme damnée, a eu pendant plus de trois mois le plus beau des accueils. L'excellent Paul Vacca - lire sa Société du Hold-up (Mille et une nuits) - nous apprend que ce n'est pas fini : quelques mots devraient encore être consacrés à notre flânerie, en janvier, dans La Revue des Deux Mondes. On n'oublie pas, non plus, et on aime bien réécouter la chronique de Lisa Vignoli, la plus talentueuse journaliste de Marianne, sur Le Mouv' : http://www.lemouv.fr/diffusion-desir-sur-l-ecran
On va pouvoir maintenant laisser infuser les mots de demain, continuer à boire des bouteilles d'exception avec miss K, au Cornichon et au Jeu de quilles, avec notre ami Leroy aussi, on va lire Simon Liberati - 113 études de littérature romantique (Flammarion)- et Thibault de Montaigu - Zanzibar (Fayard) - et puis on est très heureux, surtout, d'éditer, chez Ecriture, le nouveau roman de Franck Maubert : Ville Close. Franck, qui a reçu le prix Renaudot Essai 2012 pour son Dernier modèle, est un dandy, un homme délicat, un exquis compagnon de bonnes tables et un grand écrivain à la plume mélancolique. Ville Close, dont la couverture est illustrée par Pierre Le Tan, sort le 8 janvier :
mercredi 12 décembre 2012
Quand Naulleau parle d'Une âme damnée et de Paul Gégauff, c'est dans Paris-Match
On avait aimé les mots de Beigbeder dans le FigMag, saluant Gégauff et notre Ame damnée, on aime ceux de Naulleau dans Paris-Match. Son papier est titré : "Diable d'homme". On l'illustre, ici, d'un cliché oldscoule, et par le trou de la serrure, de Bernadette Lafont.
Scénariste pour René Clément (« Plein soleil ») ou Claude Chabrol (« Que la bête meure »), modèle du tueur en cavale interprété par Belmondo dans « A bout de souffle », auteur d’une poignée de romans salués par Nimier, poète à découvrir, dandy milieu de siècle, anar de droite et de gauche, intime de Maurice Ronet et copain de Johnny (qui a dit de lui : « C’est l’homme qui m’a fait le plus rire et le plus pleurer de ma vie »), il se nommait Paul Gégauff. Sa trajectoire de feu follet s’interrompit quelque part en Norvège, durant la nuit de Noël 1983, lorsqu’il fut poignardé par sa compagne et quitta la rubrique cinéma pour celle des hommages posthumes : «
C’est ainsi que je le vois, mi-poète, mi-fou, égoïste et vulnérable à la façon des enfants, avide d’aventures et de plaisirs, curieux, atteint de tous les dons mais, finalement, d’une grande rigueur intellectuelle dans les désordres de la vie. » Oraison signée Roger Vadim dans les pages de Paris Match. Cerner pareil personnage, qualifié de « Brian Jones de la profession » par Bernadette Lafont et de « libertin du XVIIe siècle » par Jérôme Lindon, relevait en soi de l’exploit littéraire. Avec « Une âme damnée », Arnaud Le Guern, décidément inspiré par les irréguliers (on lui doit des textes sur Jean-Edern Hallier et Richard Virenque), fait mieux encore.
A l’évocation d’une carrière où la désinvolture le disputait à l’efficacité – plus d’une quarantaine de films au compteur en qualité de dialoguiste, scénariste, adaptateur, interprète ou réalisateur, au portrait d’un homme tissé de contradictions assumées, libre en un mot, à la résurrection d’une époque dont la nostalgie touche même, et peut-être surtout, ceux qui ne l’ont pas connue, l’auteur mêle le récit de ses propres amours, une célébration du cour-cheverny de chez Villemade et des nuits passées à guetter l’aurore sur un tabouret de bar.
Bref, notre biographe (lequel réfute ce mot) se laisse envahir, mais jamais submerger, par son sujet : « J’écris sur Gégauff comme il écrivait ses scénarios, ses dialogues. Je commence par ne rien faire, pendant longtemps. […] Je déstructure les journées, matinées légères et non grasses, heures suspendues. D’un baiser, je sors de la nuit, je goûte l’aube sur les lèvres de miss K. Je la regarde choisir des étoffes que j’aime, tracer dans la ville endormie. Je sniffe l’air encore froid par la fenêtre. » Une fois la dernière page tournée, le critique se prend à hésiter. Aller dénicher sur les quais un exemplaire des « Mauvais plaisants », paru aux Editions de Minuit en 1951 ? Se procurer la filmographie intégrale de notre homme, chefs-d’œuvre et nanars confondus ? Plutôt relire « Une âme damnée », l’affaire d’une heure ou deux, le temps d’une parenthèse enchantée où « la vie, finalement, ressemble à un film de Rohmer dialogué par Gégauff ».
Scénariste pour René Clément (« Plein soleil ») ou Claude Chabrol (« Que la bête meure »), modèle du tueur en cavale interprété par Belmondo dans « A bout de souffle », auteur d’une poignée de romans salués par Nimier, poète à découvrir, dandy milieu de siècle, anar de droite et de gauche, intime de Maurice Ronet et copain de Johnny (qui a dit de lui : « C’est l’homme qui m’a fait le plus rire et le plus pleurer de ma vie »), il se nommait Paul Gégauff. Sa trajectoire de feu follet s’interrompit quelque part en Norvège, durant la nuit de Noël 1983, lorsqu’il fut poignardé par sa compagne et quitta la rubrique cinéma pour celle des hommages posthumes : «
C’est ainsi que je le vois, mi-poète, mi-fou, égoïste et vulnérable à la façon des enfants, avide d’aventures et de plaisirs, curieux, atteint de tous les dons mais, finalement, d’une grande rigueur intellectuelle dans les désordres de la vie. » Oraison signée Roger Vadim dans les pages de Paris Match. Cerner pareil personnage, qualifié de « Brian Jones de la profession » par Bernadette Lafont et de « libertin du XVIIe siècle » par Jérôme Lindon, relevait en soi de l’exploit littéraire. Avec « Une âme damnée », Arnaud Le Guern, décidément inspiré par les irréguliers (on lui doit des textes sur Jean-Edern Hallier et Richard Virenque), fait mieux encore.
A l’évocation d’une carrière où la désinvolture le disputait à l’efficacité – plus d’une quarantaine de films au compteur en qualité de dialoguiste, scénariste, adaptateur, interprète ou réalisateur, au portrait d’un homme tissé de contradictions assumées, libre en un mot, à la résurrection d’une époque dont la nostalgie touche même, et peut-être surtout, ceux qui ne l’ont pas connue, l’auteur mêle le récit de ses propres amours, une célébration du cour-cheverny de chez Villemade et des nuits passées à guetter l’aurore sur un tabouret de bar.
Bref, notre biographe (lequel réfute ce mot) se laisse envahir, mais jamais submerger, par son sujet : « J’écris sur Gégauff comme il écrivait ses scénarios, ses dialogues. Je commence par ne rien faire, pendant longtemps. […] Je déstructure les journées, matinées légères et non grasses, heures suspendues. D’un baiser, je sors de la nuit, je goûte l’aube sur les lèvres de miss K. Je la regarde choisir des étoffes que j’aime, tracer dans la ville endormie. Je sniffe l’air encore froid par la fenêtre. » Une fois la dernière page tournée, le critique se prend à hésiter. Aller dénicher sur les quais un exemplaire des « Mauvais plaisants », paru aux Editions de Minuit en 1951 ? Se procurer la filmographie intégrale de notre homme, chefs-d’œuvre et nanars confondus ? Plutôt relire « Une âme damnée », l’affaire d’une heure ou deux, le temps d’une parenthèse enchantée où « la vie, finalement, ressemble à un film de Rohmer dialogué par Gégauff ».
samedi 17 novembre 2012
Quand Frédéric Beigbeder parle d'Une âme damnée : Gégauff est le Hussard de minuit
Notre plaisir de cette fin de semaine : les mots de Frédéric Beigbeder, dans sa chronique du Figaro Magazine, sur Une âme damnée et Paul Gégauff. Sur la photo ci-dessus, Frédéric est accompagné d'un autre dandy de la Cote Basque : le "philosophe sans qualités" et surfeur stylé, Frédéric Schiffter. La photo provient d'ailleurs du blogue dilettante, balnéaire et sexy de Schiffter : http://lephilosophesansqualits.blogspot.fr/. Les mots de Beigbeder, c'est ici :
"Arnaud Le Guern s'est pris de passion pour Paul Gégauff, après Jean-Edern Hallier (Stèle pour Edem, 2001). Il l'admire pour de mauvaises raisons, mais lit-on pour de bonnes ? Une génération perdue succède à l'autre... et la nouvelle se cherche des modèles parmi les morts qui la précèdent. Paul Gégauff (1922-1983) : scénariste inégal, romancier méconnu, fêtard extravagant et séducteur assassine. Sa vie semble fasciner Le Guem davantage que son œuvre. Cet esprit impertinent fut tué par sa petite amie de trois coups de couteau, en Norvège, le soir de Noël 1983. Il faut dire qu'il l'avait bien cherché : « Tue-moi si tu veux, disait-il, mais arrête de rn 'emmerder. » Certaines phrases ne se prononcent pas à la légère.
Arnaud Le Guern a retrouvé la meurtrière, aujourd'hui quinquagénaire et nostalgique... C'est un des moments les plus émouvants de son portrait. Burroughs et Althusser ont tué leur femme, mais je ne connais pas d'autres écrivains assassinés par leur épouse (à part Pasolini) (non je déconne). Gégauff savait qu'il finirait mal. Il se déguisait en nazi dans les surprise-parties bien avant Sid Vicious et le prince Harry d'Angleterre. Il était un Pascal Jardin en plus alcoolique, drogué et misogyne. Son caractère flamboyant et excentrique manque à notre époque. Il publia quatre romans saganiens aux Editions de Minuit dans les années 50, rata son unique long-métrage (Le Reflux),mais donna des dialogues géniaux à seize films de Claude Chabrol, deux d'Eric Rohmer et à Plein soleil de René Clément. Ses facéties, sa liberté de ton, sa folie inspirèrent le Michel Poiccard d'A bout de souffle de Godard (interprété par son ami Belmondo). Il joua des petits rôles chez Vadim, quand Vadim était au sommet de sa gloire. Il fut un feu follet, comme son ami Maurice Ronet. Il troussait des phrases cyniques de libertin désespéré à la Vailland : « Toutes les femmes sont laides dès qu'on n'en a plus envie, et le monde est rempti de jolies filles devenues laides pour un homme qui a cessé de les aimer. »
Arnaud Le Guern aussi a du style : « il organise des fêtes où la débauche est une muse », « les quais de Seine sont le territoire des délaissés de l'aube ». Son livre est allègre comme celui de Frédéric Martinez sur Paul-Jean Toulet. Il donne envie de revoir ces films insolents : Les Bonnes Femmes, Les Godelureaux, Les Biches... et de lire Les Mauvais Plaisants ou Une partie de plaisir, les romans d'un homme qui se disait de droite par provocation. Une manie qui pourrait bien revenir à la mode."
Figaro Magazine, le 16/11/2012
dimanche 11 novembre 2012
Une âme damnée, Paul Gégauff : ne pas oublier Bertrand de Saint-Vincent
On a évoqué les derniers papiers parus sur Une âme damnée et Paul Gégauff. On avait oublié de citer un petit bijou signé Bertrand de Saint-Vincent qui, dans son texte, mêle notre flânerie et Patrick Modiano. C'est dans Le Spectacle du Monde d'octobre et c'est ici :
"Par coïncidence, paraît au même moment (que L'Herbe des nuits) le récit de la vie d'Une âme damnée, Paul Gégauff, personnage sombre dont les fêlures font songer à l'univers de Modiano. Cet irrégulier, "terriblement doué, mais socialement peu compatible", confia Claude Chabrol dans ses Mémoires posthumes, fut poignardé le 25 décembre 1983 par sa jeune compagne. Egoïste, paresseux, provocateur, cet ami de Maurice Ronet, scénariste de Chabrol, Rohmer, René Clément cultiva jusqu'à l'excès une mauvaise réputation d'alcoolique mysogine et de salaud facho : "C'était un homme de l'amer, des paysages, un buveur, un amant des Lolitas et des femmes fatales", écrit Arnaud Le Guern. D'une plume légère et dansante, semblable à la fumée de la cigarette que son modèle arbore en couverture, ce vagabond littéraire a "braconné autour de sa silhouette et de ses mots" : "Gégauff est ma Dora Bruder", clame-t-il. Une herbe folle dont il dédie cette élégante et nonchalante peinture à la femme de sa vie, Miss K, qui, dans sa chambre de l'Hotel Flaubert, à Trouville, lit Claire, de Jacques Chardonne."
"Par coïncidence, paraît au même moment (que L'Herbe des nuits) le récit de la vie d'Une âme damnée, Paul Gégauff, personnage sombre dont les fêlures font songer à l'univers de Modiano. Cet irrégulier, "terriblement doué, mais socialement peu compatible", confia Claude Chabrol dans ses Mémoires posthumes, fut poignardé le 25 décembre 1983 par sa jeune compagne. Egoïste, paresseux, provocateur, cet ami de Maurice Ronet, scénariste de Chabrol, Rohmer, René Clément cultiva jusqu'à l'excès une mauvaise réputation d'alcoolique mysogine et de salaud facho : "C'était un homme de l'amer, des paysages, un buveur, un amant des Lolitas et des femmes fatales", écrit Arnaud Le Guern. D'une plume légère et dansante, semblable à la fumée de la cigarette que son modèle arbore en couverture, ce vagabond littéraire a "braconné autour de sa silhouette et de ses mots" : "Gégauff est ma Dora Bruder", clame-t-il. Une herbe folle dont il dédie cette élégante et nonchalante peinture à la femme de sa vie, Miss K, qui, dans sa chambre de l'Hotel Flaubert, à Trouville, lit Claire, de Jacques Chardonne."
samedi 10 novembre 2012
En novembre, Une âme damnée et Paul Gégauff bougent encore ...
On était un peu ailleurs ces derniers temps. Il y avait l'océan, la campagne, le vent violent, la pluie et ce soleil pâle qui, toujours, nous touche au plus près. Le jour des morts, c'est au Conquet, extrême fin de la terre, que nous avons acheté Libération. Dans les pages "Livres", le très talentueux Antonin Iommi-Amunategui qui, quand il écrit, parle de nos amis Leroy et Lapaque, et qui aime la bonne chère et les bons vins, signe un papier classieux sur Une âme damnée :
"Arnaud Le Guern, 36 ans, a composé ce livre nyctalope, entre balade biographique, autour d’un homme disparu en 1983, délicieusement méconnu, Paul Gégauff, et digressions personnelles. Lui-même, Le Guern, buveur exigeant de livres et de films «oldscoule», écrivain presque jeune, demi-dandy paumé en 2012, soupèse sa vie en regard de celle de Gégauff. Pas évident, quand Paul Gégauff a été le scénariste de Chabrol, de Rohmer, de Schroeder, l’ennemi goguenard de Truffaut (à qui il aurait directement inspiré le personnage principal d’A bout de souffle, écrit par Truffaut avant d’être tourné par Godard, autre bon copain de Gégauff). Que la bête meure et Plein soleil, c’est encore Gégauff ; cet homme pour qui Sagan ou Vadim avaient beaucoup d’estime, des amitiés particulières. Et que même un Johnny Hallyday appelait son «maître à penser». Gégauff qui jouait du piano pour Mick Jagger ou Marlon Brando. La liste est longue comme les jambes de Caroline Grimaldi, l’autre princesse de Monaco, que Gégauff refusera de draguer un soir, parmi d’autres.
Gégauff a ainsi frayé avec deux ou trois cliques fameuses, qu’il semblait dominer pourtant, et écrit des livres, des films ; il les écrivait très vite, pour pouvoir se consacrer à la vie, aux mille instants. Sans cesse «défaire l’immonde sur un coin de table». Pratiquant «un dandysme de fin du monde», il était surtout de ces rares nostalgiques du présent, «le bel aujourd’hui qui raye de sa mémoire les flamboyants et les insoumis». Ce présent sans éclat, que Gégauff s’échinait à bousculer, à électriser au moindre mot. A la manière d’un clown imprévisible, grossier avec talent, trop intelligent pour être triste. Quitte à passer parfois pour fou, fasciste, ou tout ce qu’on voudra. Quand 1968 bat le pavé, Gégauff écrit plutôt des scénarios de «révolution dans les chambres à coucher». Jamais dans le rang, quel qu’il soit, il préfère le plaisir au bonheur, fût-il collectif. Il est de cette «race de desperados n’ayant que mépris et coups tordus à jeter en pâture à [son] époque». Dernier anarchiste, dernier Mohican ? Homme libre, en fait, irrespectueux par principe. «Il est comme le ver dans le fruit de cette société délicieusement pourrie : à l’aise mais pas dupe.» Et surtout vivant, au point de se faire, enfin, à 61 ans, poignarder trois fois par son épouse de 25 ans, à qui il venait de donner un enfant. Bien sûr, il en meurt : il fallait ce finale, à hauteur de comète, comme le bonhomme.
D’ailleurs, une société moins lisse donnerait peut-être son nom à quelque ruelle. Voire à tout un boulevard. Pour l’emmerder un peu, Gégauff, le charrier à son tour, tendrement. Et parce que «la vie, finalement, ressemble à un film de Rohmer dialogué par Gégauff». Pas pour tout le monde, certes. Il n’empêche, «l’important, c’est la parole vivante, c’est le style». Et la vie de Gégauff, généreusement servie par Le Guern, déborde le livre, rappelle toutes nos monotonies à l’ordre, les éclabousse de puissantes couleurs. On risque d’être touché."
On a lu et relu Amunategui et puis on n'a pas oublié que, avant, il y avait eu un sourire très chic d'Elisabeth Quin dans son Agenda du Figaro Madame, un long texte de Laurence Biava sur La cause littéraire (http://www.lacauselitteraire.fr/una-ame-damnee-paul-guegauff-d-arnaud-le-guern.html), la langue précise de Bernard Morlino faisant, sur son blogue http://www.blogmorlino.com/, d'Une âme damnée "Un presque chef d'oeuvre", notre camarade Philippe Lacoche dans Le Courrier picard (http://blog-picard.fr/dessous-chics/non-classe/le-dandy-surdoue-du-cinema/), un Choix de Valeurs Actuelles (http://www.valeursactuelles.com/culture/guide-livres/une-%C3%A2me-damn%C3%A9e-d%E2%80%99arnaud-guern20121011.html) par Alfred Eibel ou encore des recensions très sympathiques sur Sens Critiques (http://www.senscritique.com/livre/Une_ame_damnee_Paul_Gegauff/8193708/critiques), Fury Magazine (http://www.furymagazine.fr/article-odd-111357710.html) et Senior Evasion (http://www.seniorevasion.fr/coups-coeur-coups-gueule/2012/11/01/une-%C3%A2me-damn%C3%A9e).
On les remercie tous, infiniment, pour leur salut à Gégauff et à notre flânerie. Et on remercie aussi un(e) certain(e) Agathe de Lastyns qui, sur Le Con Littéraire, nous fait la leçon pour une coquille et pour n'avoir pas écrit le livre que, elle ou lui, souhaitait lire : http://www.lelitteraire.com/?p=3471 Au boulot, donc, Agathe : troquez votre bic de plomb de critique pour rédiger la biographie gégauvienne de vos rêves sévères et tristes.
lundi 1 octobre 2012
Une âme damnée, Paul Gégauff, ça continue ...
Dans un message laissé du côté de nos braconnages foutraques, l'excellent Patrick Mandon écrit : "Il se fait autour de vous et de votre livre une belle camaraderie d'insolence et de talent." Evidemment ça nous enchante, autant les mots de Jérôme Besnard dans Causeur magazine de septembre (http://www.causeur.fr/gegauff-l%e2%80%99ecrivain-masque,19293) que ceux d'Alfred Eibel, qui connaissait bien Gégauff, dans Service littéraire de François Cérésa (à rapter dans les kosques : http://www.servicelitteraire.fr/PBEvents.asp) ou à paraître dans Valeurs Actuelles - et déjà ici : http://memoirememoires.wordpress.com/2012/09/23/une-ame-damnee-paul-gegauff-darnaud-le-guern/. On a été très heureux, également, de parler pendant une heure, mercredi, d'Une âme damnée, de Paul Gégauff, de miss K, de la Nouvelle vague avec Florent Coirier dans l'émission Sexy Mother Fucker sur Aligre FM : http://aligrefm.org/programmes/les-emissions/sexy-mother-fucker/ Florent est un passionné : de musique - Joe Tex, les Stones, Roxy Music ... - et des flamboyants comme Gégauff. Sa lecture de notre flânerie était parfaite, ses questions au plus près du sujet. Et puis il y a eu Jean-Luc Bitton et Gérard Guégan : Bitton sur son blogue consacré, entre autres, à Jacques Rigaut (http://rigaut.blogspot.fr/) et Guégan dans Sud Ouest (http://www.sudouest.fr/2012/09/30/le-dernier-des-hussards-835796-4692.php). Le texte de Bitton est titré "Un autre feu follet", celui de Guégan "Le dernier des Hussards". On lit et relit ces papiers, le dandysme chic de Bitton et les romans et autres flâneries au "coeur rouge" de Gérard Guégan : Sur le sentier de la guerre, Fontenoy ne reviendra plus, Markus Wolf avait une soeur, je l'ai aimée, Les cannibales n'ont pas de cimetières, ses souvenirs du Sagittaire et de Champ libre, Inflammables, Game over, on en oublie. Tout est dit, en attendant la suite.
samedi 22 septembre 2012
Une âme damnée, Paul Gégauff, une semaine après ...
On ne savait pas trop à quoi s'attendre pour Une âme damnée. Tout le monde ne s'intéressait qu'à Richard Millet et Christine Angot et personne ne connaissait Paul Gégauff. On a donc été très heureux d'entendre Eric Naulleau parler à merveille de notre flânerie, de miss K et des nuits parisiennes dans Ca balance à Paris. Il paraîtrait par ailleurs qu'un article, signé Naulleau, est dans les tuyaux de Paris-Match. Nous verrons. L'Express, sous la plume de Jérôme Dupuis, a été le premier des niouses magazines à dégainer : un long papier, une belle photo, quelques erreurs - le scénariste Raoul-Duval s'appelle Roland Duval - et une réserve ("une ferveur un peu excessive par endroits"). c'est à (re)lire ici : http://www.lexpress.fr/culture/livre/une-ame-damnee-paul-gegauff_1162001.html. Autres réserves, sur le blogue de L'Editeur singulier : la couverture et, surtout, le fait que le livre n'a pas été publié chez lui. On se souvient d'un excellent déjeuner au Comptoir du relais avec L'Editeur singulier, JCN, arrosé de Cheverny blanc de chez Villemande. C'était charmant et plein d'esprit. JCN avait très bien lu ce Gégauff et fait part de son envie d'en être l'éditeur. On lui avait répondu que nous étions sur le point de signer avec une autre maison et que nous lui donnerions notre réponse une semaine plus tard. Ce qui a été fait : Une âme damnée paraîtrait chez l'excellent Pierre-Guillaume de Roux. On peut comprendre une certaine déception de JCN. Il est par contre faux de dire que le livre lui a "curieusement filé sous le nez" : http://lediteursingulier.blogspot.fr/#!/2012/09/une-ame-damnee-paul-gegauff-arnaud-le.html. Alors que nous déjeunions avec Franck Maubert à l'Ami Chemin, Paris 14e, nous apprenions que, contrairement à Franck pour son mélancolique Dernier modèle (Mille et une nuits), une sélection au Renaudot essai nous échappait d'un rien. Peu importe puisque, grâce à Roland Jaccard, Une âme damnée obtient le prix Chabrol 2012. Pour en savoir plus sur les âpres délibérations, c'est ici (http://www.causeur.fr/rentree-litteraire-les-prix-que-jattribuerais,19135#) et là : http://www.rolandjaccard.com/blog/?p=3189. On signale toutefois une petite erreur à Roland : Alain Bonnand ne peut pas avoir obtenu le prix Albert Londres pour Le Testament syrien (Ecriture). A la rigueur, le prix Gainsbourg : le petit homme à la tête de chou, c'est lui. L'homme élégant, en effet, ne s'appelle pas Bonnand, mais Frédéric Schiffter - philosophe sans qualités, surfeur et dandy de l'HP - qui nous envoie une carte postale sentimentale et stylée, "A la recherche du cinéma d'avant" : http://lephilosophesansqualits.blogspot.fr/2012/09/a-la-recherche-du-cinema-davant.html. L'élégance est aussi la parure de notre ami Jérôme Leroy : qu'il tienne avec nous le comptoir du Jeu de quilles, meilleur table de la rue Boulard et de Paris, invité sur le vif par les tauliers Benoït Reix et Guillaume Clauss, trinquant avec des vignerons et des vivants hors-normes jusque tard dans la nuit ; qu'il lise, sur une terrasse matinale, la chronique de Patrick Besson dans Le Point ; que nous le prenions en photo, lors d'un coquetèle tristounet, à côté de Reinette, héroïne de Rohmer (http://feusurlequartiergeneral.blogspot.fr/2012/09/reinette-et-jerome-mais-sans-mirabelle.html) ; ou qu'il salue, une nouvelle fois, notre flânerie gégauvienne : http://feusurlequartiergeneral.blogspot.fr/2012/09/piqure-de-rappel-une-ame-damnee-darnaud.html. De la même manière, on est aux anges et aux diables quand on lit les mots de Christian Authier dans L'Opinion indépendante. C'est un régal de délicatesse et de précision - ce qui n'étonnera aucun des lecteurs des romans de Christian, notamment son dernier : Une certaine fatigue (Stock) - que l'on peut retrouver sur le site de Pierre-Guillaume de Roux, dans la revue de presse d'Une âme damnée : http://www.pgderoux.fr/fr/Livres/Une-ame-damnee-Paul-Gegauff/51.htm. On a apprécié également, cette semaine, la chronique d'Alexandre Le Dinh, sur le magazine onlaïne De Nécessité Vertu, qui commence par "C'est le livre le plus chic du moment" : http://www.denecessitevertu.fr/2012/09/19/une-ame-damnee-paul-gegauff-darnaud-le-guern-2/. On nous a dit, enfin, que Frédéric Beigbeder a parfaitement présenté Une âme damnée et Paul Gégauff à la fin du Cercle Cinéma, sur Canal Plus Cinéma, ce vendredi 21. On n'a pas pu voir l'émission mais on ne doute pas de la qualité de l'évocation : Frédéric est un homme de goût et le marquis de Verdiani était de la partie.
samedi 15 septembre 2012
Une âme damnée, Paul Gégauff, c'est à rapter dès maintenant ...
Depuis le temps qu'on en parle ici et ailleurs, Une âme damnée - Paul Gégauff est enfin dans nos librairies. C'est édité chez l'exquis Pierre-Guillaume de Roux, qui ne publie pas que Richard Millet. C'est une flânerie, un roman, un essai, ce que chacun voudra. On aime décidément beaucoup la visage frondeur de Gégauff sur la couverture :
On aime aussi toujours regarder la photo très BB de Claude Nori, inspiration Frédéric Schiffter, prise au bord de la piscine de l'HP de Biarritz :
On a déjà écrit tout le plaisir pris à la lecture des papiers, consacrés au livre, de Christian Laborde. Celui-là notamment : http://www.pau.fr/magazine/chroniques/20120830_124649
On a apprécié également l'évocation de Gégauff par Christophe Bourseiller, lors de la Matinale de France Musique, le 7 septembre - http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/musique-matin/emission.php?e_id=70000039&d_id=515002372 - et surtout les mots parfaits de Sébastien Le Fol, sur France Culture, dans son Tout feu, tout flamme, le 11 septembre : http://www.franceculture.fr/emission-tout-feu-tout-flamme-de-sebastien-le-fol-tout-feu-tout-flamme-de-sebastien-le-fol-en-part-1
Dans le Figaro littéraire, Sébastien Lapaque a profité du peu de place qu'on donne encore aux écrivains pour parler, avec style, d'Une âme damnée, sous le titre "Gégauff le désinvolte" :
"Qui se souvient de Paul Gégauff (1922-1983), scénariste du Journal d’un scélérat (Rohmer), de Plein soleil (Clément) et des Godelureaux (Chabrol, d’après le roman d’Éric Ollivier), auteur d’une poignée de romans parus chez Minuit ? Homme couvert de femmes, génial touche-à-tout portant sa désinvolture en boutonnière, rebuté par ce qui était fade, attiré par ce qui était âpre, Gégauff a cristallisé la féerie d’une époque d’insouciance souveraine où l’important était de ne pas se laisser impressionner par les longues figures de l’Existentialisme et du Nouveau Roman. Dans un livre aux harmoniques romanesques qui tient à la fois de l’exercice d’admiration et de la dérive amoureuse, Arnaud Le Guern lui rend hommage en l’évoquant comme un grand frère trop tôt disparu. "
Ce samedi 15 septembre, Eric Naulleau fera de notre flânerie son "coup de coeur" de rentrée dans Ca balance à Paris, à 18h15 sur Paris Première. La semaine prochaine, le vendredi 21, Frédéric Beigbeder présentera quant à lui le livre dans Le Cercle, sur Canal Plus cinéma.
On aime aussi toujours regarder la photo très BB de Claude Nori, inspiration Frédéric Schiffter, prise au bord de la piscine de l'HP de Biarritz :
On a déjà écrit tout le plaisir pris à la lecture des papiers, consacrés au livre, de Christian Laborde. Celui-là notamment : http://www.pau.fr/magazine/chroniques/20120830_124649
On a apprécié également l'évocation de Gégauff par Christophe Bourseiller, lors de la Matinale de France Musique, le 7 septembre - http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/musique-matin/emission.php?e_id=70000039&d_id=515002372 - et surtout les mots parfaits de Sébastien Le Fol, sur France Culture, dans son Tout feu, tout flamme, le 11 septembre : http://www.franceculture.fr/emission-tout-feu-tout-flamme-de-sebastien-le-fol-tout-feu-tout-flamme-de-sebastien-le-fol-en-part-1
Dans le Figaro littéraire, Sébastien Lapaque a profité du peu de place qu'on donne encore aux écrivains pour parler, avec style, d'Une âme damnée, sous le titre "Gégauff le désinvolte" :
"Qui se souvient de Paul Gégauff (1922-1983), scénariste du Journal d’un scélérat (Rohmer), de Plein soleil (Clément) et des Godelureaux (Chabrol, d’après le roman d’Éric Ollivier), auteur d’une poignée de romans parus chez Minuit ? Homme couvert de femmes, génial touche-à-tout portant sa désinvolture en boutonnière, rebuté par ce qui était fade, attiré par ce qui était âpre, Gégauff a cristallisé la féerie d’une époque d’insouciance souveraine où l’important était de ne pas se laisser impressionner par les longues figures de l’Existentialisme et du Nouveau Roman. Dans un livre aux harmoniques romanesques qui tient à la fois de l’exercice d’admiration et de la dérive amoureuse, Arnaud Le Guern lui rend hommage en l’évoquant comme un grand frère trop tôt disparu. "
Ce samedi 15 septembre, Eric Naulleau fera de notre flânerie son "coup de coeur" de rentrée dans Ca balance à Paris, à 18h15 sur Paris Première. La semaine prochaine, le vendredi 21, Frédéric Beigbeder présentera quant à lui le livre dans Le Cercle, sur Canal Plus cinéma.
dimanche 2 septembre 2012
Une âme damnée, Paul Gégauff : Christian Laborde encore ...
Dans son Bastingage, qu'il donne chaque mois à la ville de Pau, Christian Laborde nous avait déjà enchanté de ses mots sur Une âme damnée - Paul Gégauff, la flânerie qu'on publie le 13 septembre chez Pierre-Guillaume de Roux. Dans La Nouvelle République des Pyrénées du samedi 1er septembre, "le journal le plus lu dans le Tourmalet" écrit-il, où il signe un Percolateur hebdomadaire, Laborde en remet une couche, royal comme l'était dans les cols pyrénéens et alpins Lance Armstrong - héros de la petite Reine qu'il aime et défend face aux salauds, à raison et à passion - quand il s'envolait au plus dur de la pente :
« Pourquoi l’art contemporain est-il si drôle alors que la littérature contemporaine est si triste ? » s’interroge Patrick Besson. Un livre qui n’est pas triste du tout, c’est celui qu’Arnaud Le Guern, consacre à Paul Gégauff, le scénariste préféré de Chabrol. Le livre, qui paraît aux Editions Pierre Guillaume de Roux, a pour titre « Une âme damnée » et coûte 19,50 euros. C’est délicieux, empreint d’une douce mélancolie, les années 70 revivent à chaque paragraphe, Bardot, Sagan, Dutronc… Et la langue de Le Guern est vivante et racée : un régal. CL
On aime le Percolateur de Laborde et on aimera, on le sait, le livre illustré qu'il publie le 11 octobre aux éditions Hors Collection : une célébration de la petite Reine, de ses héros, titrée Tour de France Nostalgie. On aime, enfin, le clin d'oeil que nous adresse, annonçant la sortie de notre Ame damnée, les jeunes rédacteurs du magazine onlaïne De Nécessité Vertu : http://www.denecessitevertu.fr/2012/09/01/les-livres-de-la-rentree-litteraire-quon-attend-et-les-autres/
vendredi 31 août 2012
Une âme damnée, Paul Gégauff : Christian Laborde allume la mèche
Pour prolonger l'été, on va reparler très vite des heures douces et légères sur les rives du Léman, de la peau bronzée de miss K, de ses longues jambes, de nos baignades, du soleil qui ne lâche rien, des flâneries en espadrilles, de Cecil Saint-Laurent sur la plage des Mouettes, des dîners en terrasse. On va reparler de ces jours intimes et on va parler, encore, d'Une âme damnée, notre livre buissonnier autour des mots et de la silhouette de Paul Gégauff (https://www.facebook.com/PaulGegauffUneAmeDamnee) que publie, le 13 septembre, Pierre-Guillaume de Roux.
Une âme damnée sort donc le 13 septembre et, le premier, Christian Laborde allume la mèche, met l'eau à la bouche. Rappelons que Laborde est l'auteur, notamment, de L'Os de Dionysos et, cette année, de cette merveille de petit livre chaud et balnéaire : Diane et autres stories en short. Laborde a aimé Une âme damnée : il le dit, l'écrit de sa langue flamboyante. C'est pleine cible, plein coeur, c'est ici (http://www.pau.fr/magazine/chroniques/20120830_124649) et c'est là :
"Prenez le bus, le vélo, un tacot, un otage et filez chez votre libraire acheter le nouveau livre d'Arnaud Le Guern : « Une âme damnée ». Le Guern, il a du coeur, Le Guern, il sait écrire. Le Guern, il est là. Le Guern, il est entré en littérature avec un livre enflammé consacré à Jean-Edern Hallier, intitulé « Stèle pour Edern », paru chez Jean Picollec, en 2001. J'ajoute qu'Arnaud Le Guern est un ami de Jérôme Leroy. Ici-bas, il y a, d'un côté, ceux qui lisent Jérôme Leroy et, de l'autre, ceux qui ne le lisent pas. Ceux qui ne le lisent pas, je ne leur parle pas.
« Une âme damnée » d'Arnaud Le Guern paraît aux Editions Pierre Guillaume de Roux, compte 185 pages et coûte 19,50 euro. Le héros de ce livre, sans gras, ni lourdeur, sans mots morts, sans ce parti pris « réaliste » qui est le moteur poussif des ouvrages moyens, s'appelle Paul Gégauff. Il était écrivain. Il était scénariste. Moi, Gégauff, je ne connaissais pas. Arnaud Le Guern, dès les premières pages de son livre, m'apprend que l'oiseau était hors-normes, un vrai dandy. Il avait dit à son épouse : « Tue-moi si tu veux, mais arrête de m'emmerder ». Et elle, obéissante, de lui coller trois coups de couteau dans le buffet, dans la nuit du 24 au 25 décembre 1983, à l'heure où passe le Père Noël. Il avait 61 ans, elle en avait 25. Elle s'appelait Coco.
Paul Gégauff était le scénariste de René Clément, de Claude Chabrol, d'Eric Rohmer. « Plein soleil », « Le signe du lion », « Que la bête meure » ou « Docteur Popaul », c'est lui. Arnaud Le Guern n'a pas besoin de beaucoup de pages pour dresser le portrait de Gégauff. Un paragraphe lui suffit : « Vous étiez un dandy dilettante tendance Pierre de Régnier, une gloire gâchée du Septième art selon les « professionnels de la profession », « le Brian Jones de la nouvelle vague » selon Bernadette Lafont. Une sacrée carte de visite à l'heure où Luc Besson grillait ses premières cigarettes ». Un paragraphe lui suffit, dis-je. Et ce livre, c'est pour moi le triomphe du paragraphe. Moi, j'aime les paragraphes, j'aime les écrivains pressés de revenir à la ligne : ils considèrent que rien ne doit succéder à une trouvaille verbale, une cadence, une sagaie si ce n'est, au coeur du paragraphe suivant, une autre trouvaille, une autre cadence, une autre sagaie. Qu'ils sont beaux, qu'ils ont du tempo, les paragraphes qui, dans ce livre, se succèdent, s'enchaînent, se répondent, trinquent à la santé d'un Gégauff de nouveau vivant.
Arnaud Le Guern ressemble-t-il à Gégauff ? C'est en tout cas ce qu'affirmait, une nuit, en 1998, un homme avec lequel, dans un bar, il parlait de Brigitte Bardot: « Vous menez une vie de patachon. Vous me faites penser à Paul Gégauff. » Les mots dits la nuit au-dessus des verres vides sont souvent justes. Ceux de l'homme du bar sont restés dans le coeur d'Arnaud Le Guern, rendant l'écriture de son livre possible. Le mémoire se met en route, et Arnaud Le Guern se souvient de ses dix ans, d'Evian, et de ce soir où, à la télé, il découvre « Docteur Popaul », film de Chabrol - scénario de Paul Gégauff-, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal. Il a dix ans et il voit tout : l'accident de voiture, l'Alfa Roméo, Belmondo sur l'asphalte. Et Mia Farrow qui lui fait si peur « avec son appareil dentaire, ses lunettes à triple foyer et sa prothèse de jambe ». Retrouvant sa mémoire, revisionnant les films, consultant les coupures de presse, Le Guern, sans jamais se départir de cette légèreté qui permet de distinguer l'écrivain de l'écrivant, poursuit le fantôme de Gégauff, fantôme bien plus présent que tous les morts-vivants qui pérorent autour de nous, dans ce monde saturé de conventions et de médiocrité. On replonge dans les années 60 et 70. On retrouve Françoise Sagan, Maurice Ronet, Jacques Dutronc, Mick Jagger, Marlon Brando et, sur une couverture du magazine « Lui », en queue de pie, jouant du violoncelle, ouvrant les cuisses, Joëlle Mogonsen, la chanteuse du groupe « Il était une fois ». Le passé est vivant dans ce livre, le présent également. Et si l'on croise Le Guern gamin, on le découvre aussi aujourd'hui, s'expliquant avec les mots, tantôt à Paris, tantôt en Bretagne, toujours au bras de Miss K.
Arnaud Le Guern, en faisant revivre Gégauff, en ressuscitant une époque légendaire, résiste à la nôtre où le nivellement ambiant dispute la vedette au saccage quotidien de l'âme. Mais une question, tout à coup, me brûle les lèvres : qu'est donc devenue Coco, la jeune et jolie épouse qui planta par trois fois son surin dans la cage thoracique de Gégauff ? Arnaud Le Guern nous apprend, à la fin de son livre, qu'elle s'est remise à la guitare pour jouer « Armstrong » de Claude Nougaro. Cette Coco, vraiment, est une fille bien."
Une âme damnée sort donc le 13 septembre et, le premier, Christian Laborde allume la mèche, met l'eau à la bouche. Rappelons que Laborde est l'auteur, notamment, de L'Os de Dionysos et, cette année, de cette merveille de petit livre chaud et balnéaire : Diane et autres stories en short. Laborde a aimé Une âme damnée : il le dit, l'écrit de sa langue flamboyante. C'est pleine cible, plein coeur, c'est ici (http://www.pau.fr/magazine/chroniques/20120830_124649) et c'est là :
"Prenez le bus, le vélo, un tacot, un otage et filez chez votre libraire acheter le nouveau livre d'Arnaud Le Guern : « Une âme damnée ». Le Guern, il a du coeur, Le Guern, il sait écrire. Le Guern, il est là. Le Guern, il est entré en littérature avec un livre enflammé consacré à Jean-Edern Hallier, intitulé « Stèle pour Edern », paru chez Jean Picollec, en 2001. J'ajoute qu'Arnaud Le Guern est un ami de Jérôme Leroy. Ici-bas, il y a, d'un côté, ceux qui lisent Jérôme Leroy et, de l'autre, ceux qui ne le lisent pas. Ceux qui ne le lisent pas, je ne leur parle pas.
« Une âme damnée » d'Arnaud Le Guern paraît aux Editions Pierre Guillaume de Roux, compte 185 pages et coûte 19,50 euro. Le héros de ce livre, sans gras, ni lourdeur, sans mots morts, sans ce parti pris « réaliste » qui est le moteur poussif des ouvrages moyens, s'appelle Paul Gégauff. Il était écrivain. Il était scénariste. Moi, Gégauff, je ne connaissais pas. Arnaud Le Guern, dès les premières pages de son livre, m'apprend que l'oiseau était hors-normes, un vrai dandy. Il avait dit à son épouse : « Tue-moi si tu veux, mais arrête de m'emmerder ». Et elle, obéissante, de lui coller trois coups de couteau dans le buffet, dans la nuit du 24 au 25 décembre 1983, à l'heure où passe le Père Noël. Il avait 61 ans, elle en avait 25. Elle s'appelait Coco.
Paul Gégauff était le scénariste de René Clément, de Claude Chabrol, d'Eric Rohmer. « Plein soleil », « Le signe du lion », « Que la bête meure » ou « Docteur Popaul », c'est lui. Arnaud Le Guern n'a pas besoin de beaucoup de pages pour dresser le portrait de Gégauff. Un paragraphe lui suffit : « Vous étiez un dandy dilettante tendance Pierre de Régnier, une gloire gâchée du Septième art selon les « professionnels de la profession », « le Brian Jones de la nouvelle vague » selon Bernadette Lafont. Une sacrée carte de visite à l'heure où Luc Besson grillait ses premières cigarettes ». Un paragraphe lui suffit, dis-je. Et ce livre, c'est pour moi le triomphe du paragraphe. Moi, j'aime les paragraphes, j'aime les écrivains pressés de revenir à la ligne : ils considèrent que rien ne doit succéder à une trouvaille verbale, une cadence, une sagaie si ce n'est, au coeur du paragraphe suivant, une autre trouvaille, une autre cadence, une autre sagaie. Qu'ils sont beaux, qu'ils ont du tempo, les paragraphes qui, dans ce livre, se succèdent, s'enchaînent, se répondent, trinquent à la santé d'un Gégauff de nouveau vivant.
Arnaud Le Guern ressemble-t-il à Gégauff ? C'est en tout cas ce qu'affirmait, une nuit, en 1998, un homme avec lequel, dans un bar, il parlait de Brigitte Bardot: « Vous menez une vie de patachon. Vous me faites penser à Paul Gégauff. » Les mots dits la nuit au-dessus des verres vides sont souvent justes. Ceux de l'homme du bar sont restés dans le coeur d'Arnaud Le Guern, rendant l'écriture de son livre possible. Le mémoire se met en route, et Arnaud Le Guern se souvient de ses dix ans, d'Evian, et de ce soir où, à la télé, il découvre « Docteur Popaul », film de Chabrol - scénario de Paul Gégauff-, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal. Il a dix ans et il voit tout : l'accident de voiture, l'Alfa Roméo, Belmondo sur l'asphalte. Et Mia Farrow qui lui fait si peur « avec son appareil dentaire, ses lunettes à triple foyer et sa prothèse de jambe ». Retrouvant sa mémoire, revisionnant les films, consultant les coupures de presse, Le Guern, sans jamais se départir de cette légèreté qui permet de distinguer l'écrivain de l'écrivant, poursuit le fantôme de Gégauff, fantôme bien plus présent que tous les morts-vivants qui pérorent autour de nous, dans ce monde saturé de conventions et de médiocrité. On replonge dans les années 60 et 70. On retrouve Françoise Sagan, Maurice Ronet, Jacques Dutronc, Mick Jagger, Marlon Brando et, sur une couverture du magazine « Lui », en queue de pie, jouant du violoncelle, ouvrant les cuisses, Joëlle Mogonsen, la chanteuse du groupe « Il était une fois ». Le passé est vivant dans ce livre, le présent également. Et si l'on croise Le Guern gamin, on le découvre aussi aujourd'hui, s'expliquant avec les mots, tantôt à Paris, tantôt en Bretagne, toujours au bras de Miss K.
Arnaud Le Guern, en faisant revivre Gégauff, en ressuscitant une époque légendaire, résiste à la nôtre où le nivellement ambiant dispute la vedette au saccage quotidien de l'âme. Mais une question, tout à coup, me brûle les lèvres : qu'est donc devenue Coco, la jeune et jolie épouse qui planta par trois fois son surin dans la cage thoracique de Gégauff ? Arnaud Le Guern nous apprend, à la fin de son livre, qu'elle s'est remise à la guitare pour jouer « Armstrong » de Claude Nougaro. Cette Coco, vraiment, est une fille bien."
mardi 24 juillet 2012
Quand Frédéric Schiffter parle de Paul Gégauff, d'Une ame damnée et de la beauté balnéaire et sensuelle
Sur le blogue de haute qualité du "philosophe sans qualité" Frédéric Schiffter, le plaisir est une fête permanente.
Ces derniers temps, on pouvait y lire, notamment, une flânerie magnifique autour du voluptueux de la Révolution Hérault de Séchelles, quelques mots accompagnant la lecture, par une blonde naïade, de La Beauté, éducation esthétique de Frédéric à paraître le 13 septembre (éditions Autrement), un dynamitage de Michel Onfray ou encore une approche très dandy de François Hollande.
Et, puis, tard dans la nuit, paressant sur le ouèbe, on s'est arrêté sur une silhouette brune et bronzée, au bord de la piscine de l'Hôtel du Palais à Biarritz et on a goûté, et on goûte encore, la grâce de la photo signée Claude Nori ( http://www.claudenori.com/) et de la langue si élégante de Frédéric parlant, en observateur délicat, de la couverture de notre Gégauff, Une âme damnée.
C'est ici - http://lephilosophesansqualits.blogspot.fr/2012/07/photographie-de-claude-nori-vous-voyez.html - et c'est là :
"— Vous voyez mes pieds?
Ces derniers temps, on pouvait y lire, notamment, une flânerie magnifique autour du voluptueux de la Révolution Hérault de Séchelles, quelques mots accompagnant la lecture, par une blonde naïade, de La Beauté, éducation esthétique de Frédéric à paraître le 13 septembre (éditions Autrement), un dynamitage de Michel Onfray ou encore une approche très dandy de François Hollande.
Et, puis, tard dans la nuit, paressant sur le ouèbe, on s'est arrêté sur une silhouette brune et bronzée, au bord de la piscine de l'Hôtel du Palais à Biarritz et on a goûté, et on goûte encore, la grâce de la photo signée Claude Nori ( http://www.claudenori.com/) et de la langue si élégante de Frédéric parlant, en observateur délicat, de la couverture de notre Gégauff, Une âme damnée.
C'est ici - http://lephilosophesansqualits.blogspot.fr/2012/07/photographie-de-claude-nori-vous-voyez.html - et c'est là :
"— Vous voyez mes pieds?
— Oui.
— Vous les aimez?
— Oui.
— Et mes chevilles ? Vous aimez mes chevilles?
— Oui.
— Et mes jambes. Elles vous plaisent?
— Oui.
— Et Arnaud Le Guern, l’obsédé amoureux de la Princesse Mimosa, de Miss K. et des actrices des séventiz, vous le connaissez ?
— J’ai lu son beau roman, il y a deux ans, Du soufre au cœur.
— Si vous êtes observateur, voici la couverture de son prochain livre Une âme damnée, Paul Gégauff qui paraîtra le 13 septembre prochain.
— J’observe, j’observe.
— Si vous traversez la piscine sous l’eau dans le sens de la longueur je vous prêterai mon exemplaire dédicacé.
— Ce sera une partie de plaisir."
mercredi 18 juillet 2012
Quand Jérôme Leroy parle de Paul Gégauff, d"Une âme damnée et du 13 septembre
Parmi les premières lectures d'Une âme damnée, on a été très touché, ces jours-ci, par les mots de l'excellent Gilles Verdiani et du tonitruant vélociférateur Christian Laborde - lisons et relisons sa Diane et autres stories en short. Et puis, aujourd'hui, on lit notre ami et si précieux camarade Jérôme Leroy, homme exquis en tout des choses de la vie, qui annonce la parution de notre flânerie autour de Paul Gégauff : c'est ici (http://feusurlequartiergeneral.blogspot.fr/2012/07/arnaud-le-guern-paul-gegauff-le-match.html) et c'est repris là avec, toujours, la charmante Mimsy Farmer en illustration :
"On croyait que le syndrome lost in seventies ne concernait que les quadras avancés et nostalgiques comme votre serviteur. Il faut croire que non. Notre ami, notre précieux camarade, notre petit frère Arnaud Le Guern, né en 76, est en effet affligé de la même pathologie. Visionnages spasmodique de films de l'époque, pillage des bouquinistes, etc... Il a cristallisé tout ça dans un essai lumineux, rapide, précis, ironique, amoureux, sexy, intelligent, joyeux sur la personne de Paul Gégauff, scénariste des plus grands, notamment Chabrol et Barbet Schroeder et écrivain remarquable qui fut le seul hussard publié aux éditions de Minuit.L'âme damnée de Le Guern est un va et vient entre son temps et celui de Gégauff. Il compare, il sourit, il caresse. Champion, va..."
L'homme qui aimait les femmes
On aime beaucoup L'homme qui aimait les femmes, le meilleur Truffaut peut-être, avec La peau douce, un Truffaut scénarisé par l'écrivain dandy et séducteur Michel Fermaud, à qui l'on doit notamment un roman léger et réjouissant : Cinq à sec. Fermaud en a fait, également, un feuilleton, dans les années 70, avec Sophie Barjac, en fugue de l'Hôtel de la plage.
On aime beaucoup, donc, L'homme qui aimait les femmes mais on préfère, dans le genre stylé et libertin, Les Femmes de Jean Aurel, scénario et dialogues de Cecil Saint-Laurent, avec Maurice Ronet et BB. On ne se lasse pas de regarder Les Femmes et, dans Une âme damnée, on a flâné quelque peu du côté de ce film :
"Les femmes, c'est l'esprit de 68 tel que l'aime Gégauff. Le disponibilisme : préférer le plaisir, la liberté, l'imprévu et l'aventure, au bonheur. Une vie où dansent les corps révélés de Tanya Lopert, Anny Dupérey et Christina Holmes. Une vie qui n'a pas besoin de révolutionnette, juste d'une dactylo particulière qui a le visage et la silhouette de BB s'offrant à Maurice Ronet, écrivain usé, dans un compartiment du Mistral, le train de luxe qui les amène à Rome, après qu'elle a tapé les premiers mots d’un roman libertin : « La semaine prochaine, je dois épouser Marianne à Saint-Moritz et Hélène à Venise. »
in Une âme damnée, Paul Gégauff, éditions Pierre-Guillaume de Roux, à paraître le 13 septembre.
mardi 3 juillet 2012
Comme la cigarette de Paul Gégauff dans une bibliothèque en ruine
Avant d'être en librairie le 13 septembre, Paul Gégauff est dans ma bibliothèque depuis hier soir. Quelques exemplaires seront envoyés demain aux "professionnels de la profession". On espère qu'ils auront la belle idée de lire cette flânerie, Une âme damnée, en terrasse ombrée en buvant un Anglore de Pfifferling, sur la plage - une jeune fille en bikini à leur côté - ou en écoutant La dolce vita de Christophe, après l'amour.
dimanche 1 juillet 2012
Des seins, de Gégauff, de quelques camarades et autres lectures d'été
Avec les seins nus vus, un mois d'août 1970, par Cecil Saint-Laurent à Saint-Tropez, nous annoncions l'été, qui tarde à se poser.
L'été, nous en reparlerons.
En attendant, notre ami Jérôme Leroy, sur Causeur, s'intéresse à quelques livres à paraître à la rentrée : A nous deux, Paris ! de Benoît Duteurtre, Un week-end en famille de François Marchand et notre Gégauff : Une âme damnée.
C'est à lire ici : http://www.causeur.fr/buzzons-buzzons-nos-joyeux-compagnons,18107 et ça nous touche, infiniment, comme le clin d'oeil de Christian Laborde sur son blogue (http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/cmon-blog) et un très beau papier de Thomas Morales : http://spiritofsixties.canalblog.com/archives/2012/06/06/24435596.html
Si nous n'avons pas lu le Duteurtre, le Week-end en famille de Marchand nous a fait rire, comme rarement, c'est-à-dire depuis Plan social, son précédent roman. C'est stylé, méchant, jubilatoire, léger, profond, réac, très drôle. C'est publié au Cherche-Midi.
Bientôt, il sera temps de se poser la question essentielle : quels livres emmènerons-nous sur les plages de la fin de la terre et sur les rives du lac Léman ?
Bien sûr, il y aura nos chers écrivains oubliés - des romans de Cecil Saint-Laurent, des poèmes de Pierre de Régnier et, pourquoi pas, Jean Freustié.
Il y aura Puchner et Marisha Pessl, que miss K. nous recommande.
Il y aura aussi un polar : Les pendus du Val-sans-retour (Sirius/Régiopolice) de mon vieux camarade Frédéric Paulin. Ca sort ces jours-ci. Dès les premières lignes, on est dedans, en forêt de Brocéliande, où on meurt mystérieusement . C'est nerveux, dégraissé : Frédéric n'a jamais aussi bien écrit. On se rappelle qu'on avait édité son deuxième roman, La dignité des psychopathes, chez le regretté Jean-Paul Bertrand, mort il y a tout juste un an.
Il y aura également La beauté (éditions Autrement), éducation esthétique dandy et balnéaire du "philosophe sans qualités" et surfeur Frédéric Schiffter, Un amour au pied du Mur de François Salvaing - roman de politique et d'amour que nous éditons chez L'Archipel/ Ecriture -, un beau texte court de François Bott - Avez-vous l'adresse du paradis ? (Cherche-midi) -, Les fidélités successives (Albin Michel) où Nicolas d'Estienne d'Orves fouille les plaies de 39/45 ou encore la fugue brésilienne de l'excellent Sébastien Lapaque, chez Actes sud : La convergence des Alizés.
Il y aura enfin, sous la couverture bleue de Stock, Jean-Marc Parisis et Christian Authier. La langue de Parisis, dans La recherche de la couleur, laisse parfois un arrière-goût d'aigreur. Authier, lui, signe un roman exquis, lu un samedi soir et un dimanche : Une certaine fatigue. Tout y est beau et mélancolique, touchant et acéré. Un peu comme un Tavel d'Eric Pfifferling ou comme ce rosé corse pétillant dont nous avons oublié le nom, bu un début d'après-midi délicieux, en terrasse du Café Cartouche, au soleil et sous un ciel couleur marine.
L'été, nous en reparlerons.
En attendant, notre ami Jérôme Leroy, sur Causeur, s'intéresse à quelques livres à paraître à la rentrée : A nous deux, Paris ! de Benoît Duteurtre, Un week-end en famille de François Marchand et notre Gégauff : Une âme damnée.
C'est à lire ici : http://www.causeur.fr/buzzons-buzzons-nos-joyeux-compagnons,18107 et ça nous touche, infiniment, comme le clin d'oeil de Christian Laborde sur son blogue (http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/cmon-blog) et un très beau papier de Thomas Morales : http://spiritofsixties.canalblog.com/archives/2012/06/06/24435596.html
Si nous n'avons pas lu le Duteurtre, le Week-end en famille de Marchand nous a fait rire, comme rarement, c'est-à-dire depuis Plan social, son précédent roman. C'est stylé, méchant, jubilatoire, léger, profond, réac, très drôle. C'est publié au Cherche-Midi.
Bientôt, il sera temps de se poser la question essentielle : quels livres emmènerons-nous sur les plages de la fin de la terre et sur les rives du lac Léman ?
Bien sûr, il y aura nos chers écrivains oubliés - des romans de Cecil Saint-Laurent, des poèmes de Pierre de Régnier et, pourquoi pas, Jean Freustié.
Il y aura Puchner et Marisha Pessl, que miss K. nous recommande.
Il y aura aussi un polar : Les pendus du Val-sans-retour (Sirius/Régiopolice) de mon vieux camarade Frédéric Paulin. Ca sort ces jours-ci. Dès les premières lignes, on est dedans, en forêt de Brocéliande, où on meurt mystérieusement . C'est nerveux, dégraissé : Frédéric n'a jamais aussi bien écrit. On se rappelle qu'on avait édité son deuxième roman, La dignité des psychopathes, chez le regretté Jean-Paul Bertrand, mort il y a tout juste un an.
Il y aura également La beauté (éditions Autrement), éducation esthétique dandy et balnéaire du "philosophe sans qualités" et surfeur Frédéric Schiffter, Un amour au pied du Mur de François Salvaing - roman de politique et d'amour que nous éditons chez L'Archipel/ Ecriture -, un beau texte court de François Bott - Avez-vous l'adresse du paradis ? (Cherche-midi) -, Les fidélités successives (Albin Michel) où Nicolas d'Estienne d'Orves fouille les plaies de 39/45 ou encore la fugue brésilienne de l'excellent Sébastien Lapaque, chez Actes sud : La convergence des Alizés.
Il y aura enfin, sous la couverture bleue de Stock, Jean-Marc Parisis et Christian Authier. La langue de Parisis, dans La recherche de la couleur, laisse parfois un arrière-goût d'aigreur. Authier, lui, signe un roman exquis, lu un samedi soir et un dimanche : Une certaine fatigue. Tout y est beau et mélancolique, touchant et acéré. Un peu comme un Tavel d'Eric Pfifferling ou comme ce rosé corse pétillant dont nous avons oublié le nom, bu un début d'après-midi délicieux, en terrasse du Café Cartouche, au soleil et sous un ciel couleur marine.
mardi 5 juin 2012
Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ? #5
Le 13 septembre, Paul-Jean Toulet, Pierre de Régnier, Jean de Tinan, Françoise Sagan, Eric Rohmer, Claude Chabrol, Bernard Frank, Louise de Vimorin, Cecil Saint-Laurent, Roger Nimier, Pierre Zucca, Maurice Ronet, Jean Yanne, Roger Vadim, Félicien Marceau et quelques autres, glisseront avec plaisir, dans leur poche revolver, un petit livre très dandy. Entre volutes et alcool fort, bikini et peau bronzée, une manière de prolonger les étés de la vie. Dolce vita pas morte, littérature suit ...
jeudi 24 mai 2012
Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ? #4
- Gégauff, c'est donc ça : les plus belles actrices du monde d'avant ? BB, Stéphane, Jacqueline, Romy ? Les filles, toujours les filles, tu n'en sors pas ! Tu t'étonneras, après, que à gôche et à droite, on ne te prenne pas au sérieux !
- A droite, ils ne connaissent plus Cécil Saint-Laurent ; à gôche ils n'ont rien de Roger Vailland ...
- Il n'y a pas que le style, l'alcool, les volutes, la dolce vita et les belles apparitions, dans la vie !
- Il n'y a, justement, que ça dans la vie.
- Tu finiras seul, toi !
- Je finirai au soleil en bord de mer ou en terrasse avec miss K, quelques camarades précieux, avec Paul Gégauff et les plus belles actrices du monde d'avant, avec aussi une poignée d'hommes élégants qui, tous, ont usé des mots de Gégauff comme d'une arme de précision contre la laideur à l'oeuvre :
- A droite, ils ne connaissent plus Cécil Saint-Laurent ; à gôche ils n'ont rien de Roger Vailland ...
- Il n'y a pas que le style, l'alcool, les volutes, la dolce vita et les belles apparitions, dans la vie !
- Il n'y a, justement, que ça dans la vie.
- Tu finiras seul, toi !
- Je finirai au soleil en bord de mer ou en terrasse avec miss K, quelques camarades précieux, avec Paul Gégauff et les plus belles actrices du monde d'avant, avec aussi une poignée d'hommes élégants qui, tous, ont usé des mots de Gégauff comme d'une arme de précision contre la laideur à l'oeuvre :
mercredi 16 mai 2012
Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ? #3
Alors que le Festival de Cannes déroule son tapis rouge et que nous regrettons les starlettes, rappelons que Paul Gégauff a offert ses mots aux plus belles héroïnes, que sa langue fut un peu de rouge sur leurs lèvres :
mardi 8 mai 2012
Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ? - #2
A une éditrice simplette, à vocation universitaire pourtant, qui demandait "Mais qui est Paul Gégauff", il aurait fallu répondre par une énumération, belle comme une rafale de style et de dolce vita :
Paul Gégauff, c'est Plein Soleil de René Clément ;
Paul Gégauff, c'est Les Cousins, A double tour, Les Bonnes femmes, Les Godelureaux, Les Biches, Que la bête meure, Docteur Popaul, de Claude Chabrol ;
Paul Gégauff, c'est Le signe du Lion de Rohmer ;
Paul Gégauff, c'est Week-end de Godard ;
Paul Gégauf, c'est More et La Vallée de Barbet Schroeder ;
Entre autres ...
Paul Gégauff, c'est Plein Soleil de René Clément ;
Paul Gégauff, c'est Les Cousins, A double tour, Les Bonnes femmes, Les Godelureaux, Les Biches, Que la bête meure, Docteur Popaul, de Claude Chabrol ;
Paul Gégauff, c'est Le signe du Lion de Rohmer ;
Paul Gégauff, c'est Week-end de Godard ;
Paul Gégauf, c'est More et La Vallée de Barbet Schroeder ;
Entre autres ...
jeudi 16 février 2012
Paris vaut bien un Viry ...
Les choses de la vie sont compliquées pour Marius de Vizy. Chroniqueur littéraire tendance catholique branché, aristocrate haut-savoyard de Paris, il doit organiser un dîner en l'honneur de Michel Houellebecq avec, évidemment, d'affriolantes donzelles pour égayer la nuit. Sa carte de visite - “Marius de Vizy, de la Revue des deux mondes” - n'ouvre pas beaucoup de portes. Marius appelle Frédéric Beigbeder, talent scout extra. Des filles de l'est, des filles de bonne famille, des filles délurées : tout sera bon pour Houellebecq et les quelques autres invités choisis. Iggy Pop, lui-même, sera de la partie. Dans un club passe Lolita Pille, “boudeuse et gentille à la fois, comme Sagan”, qui traîne son spleen et le prochain roman qu'elle tarde à écrire. Sur un canapé, un critique paresse, un autre embrasse une attachée de presse. A propos du texte d'une romancière, une phrase fuse : “Une histoire de concombre surgelé fourré au loukoum tiède.” A l'esprit de toutes les silhouettes croisées : en être ou ne pas être, et avoir le Goncourt.
A nous deux, Saint-Germain-des-prés !
Dès la mise en bouche de Mémoires d'un snobé, on est prévenu : “Pour des raisons de confort, l'action se déroule principalement dans le VIe arrondissement de Paris. Une usine d'abattage de poulets aurait aussi fait l'affaire.” Chaque page du roman de Marin de Viry tient cette ligne de style : une drôlerie froide et dilettante, où se pose un voile de mélancolie.
Derrière la satire parfaite du milieu de l'édition et des dialogues de pétroleur de l'humour, il y a l'angoisse au coeur. Un moderne Rastignac tremble de ne pas être vu, reconnu, lu et aimé. Entre le prix de Flore et des fêtes sous vodka, il n'est jamais à l'abri d'une moquerie, des humiliations d'un directeur littéraire, d'un agent sans scrupules, d'un sms fielleux ou d'un coup de foudre.
On a beau être marié, on n'en est pas moins amoureux de la même femme fatale depuis des années. Elle s'appelle Caroline, héroïne à la langue affutée : “Tu penses que nous aurions été heureux si tu avais eu des couilles, à l'époque ?” On parle d'elle à un oncle de province, qui ne comprend rien. On en parle à des amis, qui se bidonnent. On en parle à son épouse, qui répond : “Embrasse-la pour moi.” Séduit par l'idée, le moraliste peut alors noter dans son carnet : “Un sale type marié à une catholique incandescente pourrait même utiliser l'examen de conscience comme alibi pour un adultère.”
Au petit matin, le temps des éclats de rire et des caresses passé, la chair ne cache pas sa tristesse. Il est l'heure de se parer de noir pour assister à un enterrement. Certains diront qu'il s'agit de celui des illusions perdues, sur un air de Boris Vian : “J'suis snob / Encore plus snob que tout à l'heure / Et quand je serai mort / J'veux un suaire de chez Dior.”
Marin de Viry, Mémoires d'un snobé, Pierre-Guillaume de Roux, 2012
Article paru dans Causeur magazine, février 2012
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