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mardi 3 juillet 2012

Comme la cigarette de Paul Gégauff dans une bibliothèque en ruine


Avant d'être en librairie le 13 septembre, Paul Gégauff est dans ma bibliothèque depuis hier soir. Quelques exemplaires seront envoyés demain aux "professionnels de la profession". On espère qu'ils auront la belle idée de lire cette flânerie, Une âme damnée, en terrasse ombrée en buvant un Anglore de Pfifferling, sur la plage - une jeune fille en bikini à leur côté - ou en écoutant La dolce vita de Christophe, après l'amour.

lundi 18 juin 2012

Des seins dans l'oeil de Cecil Saint-Laurent


Dans Paris-Match, le 29 août 1970, Cecil Saint-Laurent, reporter très spécial, s'intéresse donc aux seins.
Sur le site du magazine, on est un peu surpris de retrouver, aujourd'hui, un copié/tronqué des mots de l'auteur de Caroline Chérie, des Corps tranquilles, des Bêtises, du Petit canard ou de ces très beaux et mélancoliques romans - dont nous reparlerons - La Bourgeoise et La Mutante, signé d'une certaine Sabine Cayrol.
N'ayant rien contre miss Cayrol, mais lui préférant de loin Cecil Saint-Laurent, on remet ici ses mots dans l'ordre et on s'offre, pour annoncer l'été, le plaisir d'un reportage photo très oldscoule :

"Si Saint-Tropez a fasciné l’univers, c’est qu’il est un mythe, celui d’un soleil sensuel répandu sur des corps libres et des ruelles divines. Le scandale, si on veut en trouver un, c’est que ce port, beau, grave et charmant, ait été la victime de son charme et que celui-ci risque de disparaître sous l’invasion destructrice des touristes et du béton. Le scandale n'est pas comme on le dit qu'un autobus vende des publications licencieuses (les mêmes qu'une vingtaine de librairies parisiennes exposent tranquillement), c’est qu’une crique tranquille soit devenue introuvable, que la douceur des ruelles s’évanouisse dans le tumulte des moteurs, que dans un golfe plus encombré que la Place de la Concorde on ne puisse plus se baigner un peu loin sans accepter le risque de se faire couper la tête et que plages payantes, embarcadères, ports de tourisme, terrasses de villages préfabriqués, puissent dévorer méthodiquement la côte."

Yves Salgues, Honoré Bostel, Alexandre Astruc, Cecil Saint-Laurent - Des hommes élégants #2

Dans Paris-Match, tous les jeudis, on peut lire paraît-il les coups de coeur littéraires twittesques de Valérie Trierweiler. Pourquoi pas. Feuilletant le numéro 1112 du 29 août 1970, on remarque juste que, à l'époque, Match offrait ses colonnes à quelques godelureaux classieux, dont le talent manque :
. Yves Salgues, héroïnomane fantasque, biographe de James Dean, ami de Gainsourg et Pascal Jardin, nous parlait, sous le titre "Papa est un tueur", de Charles Bronson.
. Honoré Bostel, âme de Chez Castel, inventeur de la Bostella et auteur du Roman d'un turfiste (La Table ronde, 1975), filait à Deauville se balader sur les champs de course : "Un jockey fils à papa menace Saint-Martin."
. Alexandre Astruc, théoricien de la "caméra-stylo" et prix Nimier 1976 pour Ciel de cendres (Le Sagitaire), nous offrait le beau visage de Ewa Olin et disait de Candy, film de Christian Marquand avec Marlon Brando : "C'est Guignol, Walt Disney et Jerry Lewis (en mini jupes)."
. Cecil Saint-Laurent, enfin, le plus dandy des "Hussards", était en train d'écrire Les Bêtises, prix Goncourt l'année suivante, dans les bistrots en buvant des verres de ouisquie. De passage à Saint-Tropez, il envoya une longue carte postale où les seins des demoiselles bronzées étaient célébrés, comme il se doit :
"Des seins inspirent de grands titres à la presse du monde entier. Ce ne sont ceux d'une vedette mais de centaines de filles anonymes. Ils sont nus, et au soleil. Au soleil de Saint-Tropez."

jeudi 24 mai 2012

Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ? #4

- Gégauff, c'est donc ça : les plus belles actrices du monde d'avant ? BB, Stéphane, Jacqueline, Romy ? Les filles, toujours les filles, tu n'en sors pas ! Tu t'étonneras, après, que à gôche et à droite, on ne te prenne pas au sérieux !
- A droite, ils ne connaissent plus Cécil Saint-Laurent ; à gôche ils n'ont rien de Roger Vailland ...
- Il n'y a pas que le style, l'alcool, les volutes, la dolce vita et les belles apparitions, dans la vie !
- Il n'y a, justement, que ça dans la vie.
- Tu finiras seul, toi !
- Je finirai au soleil en bord de mer ou en terrasse avec miss K, quelques camarades précieux, avec Paul Gégauff et les plus belles actrices du monde d'avant, avec aussi une poignée d'hommes élégants qui, tous, ont usé des mots de Gégauff comme d'une arme de précision contre la laideur à l'oeuvre :




vendredi 18 mai 2012

C'est encore plus beau quand c'est introuvable (Petit abécédaire snob des auteur à (re)éditer #2)


Après Gretchen Moll, échappée de Forever mine de Paul Schrader (c'était ici : http://braconnages.blogspot.fr/2012/05/petit-abecedaire-snob-des-auteurs.html), c'est au tour de quelques héroïnes de la très bukowskienne série Californication, signée Tom Kapinos, de souhaiter nous faire part de leur petit abécédaire snob d'auteurs à lire et relire, cet été, en terrasse. Espiègles comme on peut le deviner, elles se sont amusées avec les livres en français, en anglais, avec des articles de presse, avec des pseudos. Les héroïnes, on le voit, sont irrésistibles ...
A
Arrabal Fernando
Audiard Michel
B
Boutang Pierre
Bostel Honoré
Bertrand Philippe
Bulteau Michel
Baby Yvonne
C
Chany Alain
Clément Paul
Cau Jean
Carella Philippe
D
Duhamel Betty
Duval Roland
Dutourd Jean
EF
Fallet René
Férou Michel
Franc Régis
G
Guégan Gérard
Galey Matthieu
Georges Jean-Pierre
Grall Xavier
H
Hardellet André
Hemsay Gilles
IJ
Jimenes Paul
Jay Salim
Janowitz Tama
KL
Labattu Laurent
Lafargue Freddie
Le Braz Yves
Lainé Pascal
M
Michel François
Monréal Guy
Musso Frédéric
McInerney Jay
N
Nagy Thomas
Norrit France
O
Ollivier Eric
P
Peyrefitte Roger
Parturier Françoise
Pilhes René-Victor
Pieyre de Mandiargues André
QR
Rivoyre (de) Christine
Rollin Jean
Roulet Dominique
Rochefort Christiane
Raphaël Maurice
S
Saint-Père (des) Guy
Serguine Jacques
Sigurd Jacques
Spens (de) Willy
Sagan Françoise
Schrader Paul
T
Tailhade Laurent
UV
Vilmorin (de) Louise
Vincentanne Stéphane
Varenne Albéric
Vandromme Pol
Vinneuil François
Veyron Martin
WXYZ
Wolfromm Jean-Didier

mercredi 16 mai 2012

Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ? #3

Alors que le Festival de Cannes déroule son tapis rouge et que nous regrettons les starlettes, rappelons que Paul Gégauff a offert ses mots aux plus belles héroïnes, que sa langue fut un peu de rouge sur leurs lèvres :


lundi 14 mai 2012

Petit abécédaire snob des auteurs à (re)éditer


A
ADG
Astruc Alexandre
B
Bany Jean
Barokas Bernard
Benthey Pierre
Berl Emmanuel
Blier Bertrand
Bory Jean-Louis
Brenner Jacques
C
Caviglioli François
Clémentine Guillaume
Companeez Nina
Curtis Jean-Louis
D
Dangerfield Yves
Daudet Léon
Dunne Dominick
E
Enard Jean-Pierre
Errer Emmanuel
F
Fermaud Michel
Frank Christopher
Frédérique André
Freustié Jean
G
Gégauff Paul
Godard Agathe
Gravier Jean-Michel
H
Haedens Kleber
Hallier Jean-Edern
Hecquet Stephen
Héduy Philippe
Hocquenghem Guy
IJ
Jardin Pascal
K
Kast Pierre
L
Larcône (de) Sunsiaré
Laurent Jacques
Lesou Pierre
Limonov
M
Mardore Michel
Moore Pamela
Moussy Marcel
N
Néron Claude
Nimier Roger
O
Ory Pascal
P
Page Alain
Paraz Albert
Perret Jacques
Pierre José
Prévost Walter
Q
Quadruppani Serge
R
Raucat Thomas
Régnier (de) Pierre
Ronet Maurice
Roux (de) Dominique
S
Saison Olivier
Scutenaire Louis
Séchan Thierry
Serp Guillaume
Sternberg Jacques
T
Tellenne Eric
Tinan (de) Jean
Toulet Paul-Jean
U
Urbain, Ismaïl
V
Vadim Roger
Vedrès Nicole
Vern Nicolas
W
Weyergans François
Willy
XYZ
Ylipe
Zucca Pierre

mardi 8 mai 2012

Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ? - #2

A une éditrice simplette, à vocation universitaire pourtant, qui demandait "Mais qui est Paul Gégauff", il aurait fallu répondre par une énumération, belle comme une rafale de style et de dolce vita :
Paul Gégauff, c'est Plein Soleil de René Clément ;


Paul Gégauff, c'est Les Cousins, A double tour, Les Bonnes femmes, Les Godelureaux, Les Biches, Que la bête meure, Docteur Popaul, de Claude Chabrol ;


Paul Gégauff, c'est Le signe du Lion de Rohmer ;


Paul Gégauff, c'est Week-end de Godard ;


Paul Gégauf, c'est More et La Vallée de Barbet Schroeder ;

Entre autres ...

mercredi 2 mai 2012

Paul Gégauff, vous avez dit Paul Gégauff ?


Bientôt, d'ici juin, d'ici septembre, on reparlera ici de Paul Gégauff.
L'été sera gégauvien, la rentrée aussi.
Question de style.
Qui était Paul Gégauff ? Comment flâner autour de sa silhouette, de ses mots ? Comme ça, par exemple :
"L’aube s'étirait, j'avais appelé un taxi, enlevant miss K chez moi. En fin de matinée, quand elle s'était levée, nue et grisée, je lui avais répété mes mots du milieu de la nuit :
_ Tu es belle comme une héroïne de Gégauff.

Elle m'avait répondu, alors, qu'elle ne le connaissait pas.

_ C'était un écrivain, l'ami et le scénariste de Claude Chabrol et de Rohmer, un homme de l'amer, des paysages, un buveur, un amant des lolitas et des femmes fatales.

Ca avait plu à miss K. Elle m'avait demandé de lui en dire plus. Elle voulait voir ses films, lire ses romans. C’était aussi ce qui me plaisait chez Gégauff. Plus personne ne vivait, comme lui, au gré de ses plaisirs. Plus personne ne se servait, à sa manière, de la joie et de la mélancolie comme d'une arme de précision. Plus personne n'aimait ce qu'il aimait : le sourire d'un sexe de fille et les terrasses ombrées, les ivresses en bord de mer et les volutes de fumée, la clandestinité du soleil et les bars d'hôtel. Il représentait un monde d'avant qui n'en finissait pas de crever. Un monde d'avant que les derniers rejetons de la beauté ne voulaient pas voir disparaître, qu'ils essayaient de retenir, de réinventer."

mercredi 11 avril 2012

Quand tu me parles de Gégauff ...



« QUAND TU ME PARLES DE GEGAUFF, J'IMAGINE HANK MOODY, LE HEROS DE CALIFORNICATION. IL EST ECRIVAIN ET
SEDUISANT, ALCOOLIQUE ET PARESSEUX. IL QUITTE SA MAISON SUR LA PLAGE POUR UNE SUITE AU CHATEAU MARMONT. IL
COUCHE AVEC DES ETUDIANTES ET DES ACTRICES, PUIS REVIENT CHEZ LUI PLEURER SUR L'EPAULE DE SA FEMME. »

mercredi 21 mars 2012

Une éducation sentimentale


Je ne vais plus au cinéma depuis que je ne peux plus y voir Marie-Hélène Breillat.
Qui se souvient de Marie-Hélène Breillat ?
Je la retrouve dans un vieux numéro de Lui, millésime 76 je crois. Avec son visage de petite souris d'opéra, elle pose en couverture. Elle avait participé au Dernier tango à Paris, avec Brando et Maria Schneider. Avec sa soeur Catherine aussi. Catherine a écrit de bons films pour Fellini et Pialat. Elle a également tourné 36 fillette et Sale comme un ange avant de s'échouer dans les séquelles d’un AVC et les chèques en blanc d'un escroc. Sur une autre couverture de Lui, Joëlle Mogensen, du groupe Il était une fois, joue du violoncelle en queue de pie, les cuisses adorablement entrouverte sur un tabouret de soliste. Elle mourra d'une overdose, en nous laissant des mélodies très sexuelles. Plus tard, la féline Natassja Kinski aimantera à son tour les regards, mais je m'éloigne.
Je ne vais plus au cinéma depuis que je ne peux plus y voir Marie-Hélène Breillat. Marie-Hélène se cache, Adjani n'est plus la meurtrière des étés de Sébastien Japrisot, Sandrine Bonnaire ne m'a jamais plu et Juliette Binoche, non plus. Juliette Binoche a eu beau s’afficher dans Playboy, elle était encore plus insignifiante que dans ses films, que dans les interviouves qu'elle donne à propos de ses films.
Dans Playboy, il y a quelques temps, quelques actrices m'avaient presque donné envie d'aller voir derrière leur peau étalée sur les pages glacées.
Vahina Giocante.
Ludivine Sagnier.
Lou Doillon.
Mes souvenirs sont flous. Vahina sur la Riviera et dans 99 francs, ses lunettes très sérieuses et sa coquinerie adossée à une porte-cochère ; Ludivine à quatre pattes, à califourchon et en bikini blanc, au bord d'une piscine, chez Ozon ; Lou en culotte rouge ou batifolant dans une baignoire sous la caméra d’un Bronzé chauve.
Elles auraient pu être attirantes mais n'avaient pas d'oeuvres. Personne n'avait fait glisser sur leurs lèvres le gloss des mots les plus beaux. Personne ne les avait révélées dans l'ombre et les lumières de la caméra comme ces héroïnes qui ont fait, dans les années Mitterrand, mon éducation sentimentale.
J'allais vers mes quinze ans.
J'imaginais mes petites amoureuses avec la moue, les seins à croquer et les fesses rondes de Muriel Catala. Je jalousais les méduses mordant Valérie Kaprisky, là où le désir bat. Sous les jupes de filles, je pensais à Jeanne Goupil, poupée animée, je m’émerveillais : « Laisse-moi regarder … Laisse-moi admirer … Oh ! J’ai jamais rien vu d’aussi beau ! … C’est à pleurer tellement t’es belle … » Je protégeais Kim Basinger dans le Bayou, Sean Young à l'arrière d'une Limousine et Ornella Muti, dans sa folie ordinaire. Je prenais des cours privés et pervers avec Elisabeth Bourgine. Marianne Basler, Anne Parillaud et Fiona Gélin, nues et échappées de navets oubliables, s'occupaient de moi. Je dégrafais, sous le chemisier de soie noire, la blanche attache du soutien-gorge de Gabrielle Lazure qui, de sa voix au timbre d'écume, me disait : "Je veux juste que tu m'aimes".
Je ne vais plus au cinéma parce que je prends le soleil, sur une plage perdue, avec miss K.
J'aime ses cheveux mouillés, ses yeux perdus dans le bleu Monory du ciel ou entre les lignes de We need to talk about Kevin de Lionel Shriver.
J'aime ses seins offerts aux rayons chauds, la pointe de ses seins durcis par la brise caline.
J'aime sa manière boudeuse de rentrer dans l'eau toujours trop froide.
J'aime la marque blanche que je devine, sous l'étoffe mouillée du bas de maillot de bain.
J'aime aussi ses soufflets de colère jalouse, quand elle m'en veut de trop parler de la beauté des actrices.

_ Qu'ont-elles qui te plaît tant ?
_ Elles ont ta grâce.

Elle n'est pas convaincue.

_ Je ne suis pas une de tes lointaines actrices oubliées.
_
Tout ce qui reste de la vie et des envies, c'est une jeune fille qui danse et un homme qui lui dit : "Je vais te regarder". Une jeune fille à la cigarette entre les lèvres, robe noire et dos nu, ses gestes précis et ses yeux, sa peau douce. Une jeune fille en fugue à Lisbonne, à Berlin, à Vienne, à Trouville, au Trez-Hir ou sur les rives du Lac Léman. Tout ce qui reste de la vie et des envies, c'est la silhouette en noir et blanc de Françoise Dorléac et c'est toi.

Je ne vais plus au cinéma parce que miss K., le jour et la nuit, sur les plages perdues et dans les bars d’hôtel, est plus désirable qu'Alice Taglioni, en blonde, dans La bande du drugstore et qu'Alice Taglioni, en brune, dans Grande école.
Je ne vais plus au cinéma parce que les fesses de miss K. sont un présent plus précieux que le cul de Valérie Lemercier, dans Le derrière, et que le cul d'Eva Green, retirant sa culotte rosée, dans The dreamers.
Je ne vais plus au cinéma parce que les seins de miss K., ronds comme des pommes tentatrices, sont plus beaux encore que ceux d'Hélène Fillières dans Bord de mer, Un homme, un vrai et dans Mafiosa, série où, pourtant, je ne vois qu'elle, parée de sombre et de lunettes noires.
Je ne vais plus au cinéma parce que miss K., comme BB, Jacqueline Sassard, Romy et Marie-Hélène Breillat, est l'autre nom, de chair et de grâce, de la dolce vita

Texte paru le 21/03/2012 dans 6 SEMAINES AVANT L'ELECTION