Affichage des articles dont le libellé est pierre de régnier. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pierre de régnier. Afficher tous les articles

dimanche 6 mai 2012

Toulet, Régnier, Tinan - Des hommes élégants #1


Les femmes et jeunes filles, peu vêtues, souvent à l'honneur de ce blogue, se sentent un peu seules. Elles aiment les hommes élégants. Elles les attendent. En voici quelques-uns. Des poètes, des flâneurs, des dilettantes, des obsédés amoureux, des dandys, des godelureaux mélancoliques, des braconniers des émotions, des esthètes buissonniers, des hussards des mots à l'assaut, à la caresse. Il y en aura d'autres.

lundi 27 février 2012

Pierre de Régnier dixit



"A notre époque, les femmes passent de mode, aussi bien dans la vie courante qu'en littérature : ce ne sont qu'analyses d'états d'âme, vices effroyables ou non, voyages éperdus, mais de femmes, point. Le genre romanesque tend à disparaître presque complètement, étiqueté vieux jeu et ridicule ; sans romancer pourtant, on pourrait s'occuper un peu plus des femmes, même sans évoquer l'amour et sans prendre l'air transi, mais en évitant avant tout de les traiter en conquérant, du haut de la plus odieuse fatuité et de la fausse supériorité masculine ; je m'en vais essayer d'un parler aujourd'hui, à armes égales, et en me basant, puisque l'amour, "la vraie amour", n'existe pas, sur un vieux fond de sagesse et de mélancolie, tout en m'excusant, bien bas, auprès du lecteur habitué aux livres modernes, d'avoir l'audace d'aimer les femmes."
In La femme, La nouvelle société d'édition, collection "L'homme à la page", Guides utiles à ceux qui veulent vivre la belle vie, 1928

lundi 20 juin 2011

Tchin à Pierre de Régnier


Lisant le précieux livre de Beigbeder, Premier bilan après l'apocalypse (Grasset), en écoutant, évidemment, Les Chanteuses - Priscilla de Laforcade et Victoria Olloqui - je tchine avec Paul-Jean Toulet et Antoine Blondin, Ellis et McInerney, Truman Capote et Jean-Jacques Schul, JG Ballard et Dorothy Parker, Sagan et Modiano, et avec Pierre de Régnier, fils par la bande de Pierre Louys. Son roman La vie de Patachon, réédité il y a quelques temps par le Castor Astral, était une merveille. Ses poèmes, aussi. On est chez Toulet, chez Jean de Tinan : amours, mélancolie, petits luxes et petites morts, volutpté du temps suspendu, alcool fort et folie douce. Le titre d'un de ses recueils ? Erreurs de jeunesse. C'est parfait, ça sonne et ça touche :
"Je suis un personnage étrange,
Réaliste et paradoxal,
J'aime les pyjamas oranges,
L'amour, le chypre et les Pall-Mall.

J'aurai fait toutes les folies
Qu'on a pu faire à vingt-trois ans ;
Les femmes sont toujours jolies
Quand on est tendre et inconstant !

Mes malheurs sont inconcevables
Car je suis toujours en retard,
Mes amours incommensurables
Et mon cœur est un grand bazar.

Mon bonheur n'a pas de limites,
Je suis gai, philosophe et fou ;
Aussi je prends beaucoup de cuites
Et le hasard arrange tout.

Je bois mes nuits mélancoliques
En vieux noceur désabusé ;
Mes aurores sont romantiques
Et mes regrets désespérés...

Et quand, dans le matin qui passe,
Je me vois au soleil levant,
Je m'engueule devant ma glace
Et je m'adore en m'endormant !
"