mercredi 21 avril 2010

Dans deux jours, le 23 avril, Du soufre au coeur ...

Une histoire d'amour, de folie douce, de petite mort.
De la mélancolie et des sourires, comme dans le monde d'avant quand les derniers héros tchinaient à la grâce de quelques fatales héroïnes.
Des murs blancs qui rendent plus fou que les fous.
La peau d'Elsa, les seins de Djamila.
Le sang chargé de plaisirs interdits.
Les ombres vivantes de Toulet, Larbaud, Breton, Gégauff, Sagan, de Roux.
Sans oublier Mohammed Ali et Marco Pantani.
La page 169 qui dit tout, d'un nom, d'une silhouette sublime, sur la féerie hors du temps.
Du soufre au coeur (Alphée/ JP Bertrand) :
A acheter, à commander, à rapter, à offrir.

lundi 12 avril 2010

Leroy sous le soleil, exactement ...


Cet été, sur la plage, en terrasse, fin de la terre, plein sud, partout, sous le soleil exactement : lire, relire Physiologie des lunettes noires de Jérôme Leroy.
Laisser le vent chaud caresser la couverture rouge, noire, sensuelle illustrée par Laurence Bériot.
Laisser le sable se glisser entre des pages où la langue de Leroy n'en fait qu'à sa fête stylée, comme dans Un dernier verre en Atlantide, comme dans Le déclenchement muet des opérations cannibales.
Laisser les silhouettes joliment hâlées de Monica Vitti, de Catherine Spaak, d'Audrey Hepburn, des filles de Lui, de Playboy, matadorer le vent par la seule grâce de leur apparition.
Communiste, dandy, réactionnaire, amoureux de la peau des héroïnes, entre autres qualités, Leroy a écrit un livre que, déjà, les derniers jouisseurs et les ultimes jouisseuses du monde d'avant - ce lopin d'âme où la beauté, encore, était, un beau soucis -se transmettent comme un mot de passe vers les plaisirs enfuis. Lovés contre les exquises réenchanteuses des temps où nous vivons, Pasolini, Bukowski, Jacques Rigaut, La Rochefoucauld, Ballard se sont invités au coquetèle. Ca boit, ça fume, ça danse, ça flirte. La fin des années 70, les années 80, le souvenir de l'URSS, se pointent avec la délicatesse d'une tombée de nuit. Aux ordres des étoiles, Ray-Ban sur le nez, chacun vide son chargeur dans l'immonde de Nico le petit. Puis Serge Gainsbourg et Anna Karina s'enlacent, chantent et slowent : "Ne dis rien, n'aie pas peur, ne crains rien de moi /Suis-moi jusqu'au bout de la nuit / Jusqu'au bout de ma folie."
Dans les mots de Leroy, la plage est à nous.

lundi 29 mars 2010

Exergue stylée


"Dans la salle de bains, Kléber resta assis sur le bord de la baignoire. Cynthia fermait les yeux sous la caresse de l'eau. Il la trouva belle comme jamais jusque-là. Il n'était plus qu'un voyeur attentif qui essayait de façon assez désespérée d'enregistrer le moindre détail de la scène. Il eut envie d'écrire un livre très mince, très mode et d'une écriture très classique sur Cynthia. De courts tableaux : Cynthia au casino, Cynthia pendant l'amour, Cynthia sous la douche. Un livre inutile, élégant, irremplaçable comme seul Chardonne savait en écrire à la fin de sa vie."
Jérôme Leroy, L'Orange de Malte, éditions du Rocher, 1989

dimanche 28 mars 2010

Un ouiquende de printemps


Un ouiquende de printemps, un grand-père s'en va, après avoir dit au-revoir à ses montagnes de Savoie, à son fils, à sa petite-fille. Je l'ai aimé sans le connaître, dans tes mots. Sur ses lèvres d'avant la fin, je suis sûr, un sourire. La souffrance, si souvent, se tue d'un sourire offert, de loin, à la plus touchante des demoiselles.
Un ouiquende de printemps, un peu de pluie, puis le soleil. Tes larmes ont été bues par la nuit. En terrasse, Paris 14e, tu portes le même caraco que le jour de ton apparition. Avenue du Général Leclerc, je te désire au rythme sensuel de tes talons sur l'asphalte. Derrière mes lunettes noires, je sais que avant, pendant, après (l'amour), tu es l'autre nom de la grâce.
Un ouiquende de printemps, le temps est trop court, comme mon souffle coupé. Restent le goût du sexe sur la peau, Amor amor dans ton cou, l'ivresse lunaire du Pinot gris, de la vodka, le parfum mentholé de nos fumées, les mots d'Olivier Frébourg - Souviens-toi de Lisbonne - , de Charles Bukowski -"La plus jolie fille de la ville" -, les mots des tristesses d'hier, des étés enchanteurs de demain. Restent l'envie de Naxos, des îles, de tes grains de beauté à la plage, de ta bouche et de ta langue française qui réinventent les braconnages infinis, les braconnages qui aimantent.
Un ouiquende de printemps, tu es la précieuse héroïne de ma dolce vita.

samedi 20 mars 2010

Il prima notte di quiete






Un jour, tu verras,
tu regarderas,
allongée au plus près de moi,
mes insomnies en fuite,
Il prima notte di quiete,
le film de Valerio Zurlini
dont je t'ai tant parlé.
A Saint-Malo.
Au Crotoy.
A Trouville, hôtel Flaubert, chambre 31 où, te caressant belle endormie, je relisais L'Orange de Malte, Le cimetière des plaisirs, Un dernier verre en Atlantide de Jérôme Leroy, poète du monde d'avant, de l'immonde du jour et ami si précieux.
Je te parlais d'Alain Delon paré d'un manteau beige,
cigarette aux lèvres,
regard de flamme épuisée,
arpentant la jetée de Rimini,
sur le fil des vieilles mélancolies.
Je te parlais de Sonia Petrova, tu sais pourquoi.
L'apparition de Sonia Petrova dans une salle de cours.
Le visage modiglianesque de Sonia Petrova.
L'amour fou dans les yeux de Sonia Petrova.
Le sourire fragile de Sonia Petrova.
Les baisers de Sonia Petrova.
L'érotisme insensé de la silhouette de Sonia Petrova, ses épaules, sa nuque, ses seins, son cul, ses cuisses, ses chevilles - point final de grâce, fines attaches du temps retrouvé.
Un jour, tu verras,
tu regarderas,
allongée au plus près de moi,
mes insomnies en fuite,
Il prima notte di quiete,
et je te dirai que mes nuits, mes aubes de grand fêlé du bel aujourd'hui,
appartiennent
à la peau de la plus jolie fille de la ville,
à ta peau des frissons offerts,
à ta peau où les grains de beauté ont le goût des baisers d'été.





vendredi 19 mars 2010

Alain Bonnand is back - le 25 mars, éditions ALPHEE collection "Les Inclassables"



« Ah, Alexandrine, vous ne devinerez jamais ce qui vient de m’arriver, il y a juste un moment, alors que je sortais tout guilleret de chez le coiffeur… Qu’est-ce que je trouve sur mon chemin, qui n’aurait pas dû être là, entre chien et loup, à faire le trottoir, sans grand conscience du lendemain, attaché à la grille du boucher ? Dites !... Oui, presque ça : une biquette ! Et hop – cette grande allure vive qui me fait voir l’obstacle alors qu’il est déjà trop tard – par-dessus ! Le visage au sol, le nez tout éraflé ! Ah, ç’a été fameux ! La scène, malheureusement, n’a pas eu de témoins : l’animal n’a émis qu’un faible commentaire et je me suis relevé tout de suite…
Chez moi, je viens d’indiquer que j’avais trébuché, sans autre explication. Cette rencontre, du sportif et de la biquette, ç’aurait été sans doute bien cocasse à raconter, mais je me suis retenu de peur qu’il ne soit fait un rapprochement compromettant pour l’appétit entre le sort réservé à la pauvre bête et les côtelettes d’agneau minuscules mais savoureuses que je sers à table, trois chacun, une fois par semaine le midi…
»
Nous sommes fin 2003. Alexandrine, grande voyageuse, jeune collaboratrice des éditions Mille et une nuits, est à Paris, dans son bureau. L’auteur, lui, se trouve à Amman, en Jordanie, expatrié avec toute sa petite famille et le chat Lewis. Pour les besoins du livre qu’il publie à ce moment-là, Cécile au diable, il engage une correspondance avec l’éditrice, une correspondance électronique. Et aussitôt, pour lui faire plaisir, parce qu’il a du temps à perdre et qu’il aime ça, il lui raconte par le menu, en petites tranches, la vie qu’il mène au Moyen-Orient…
Léger, drôle, piquant et stylé comme s'en souviennent les lecteurs de Feu mon histoire d'amour, des Jambes d'Emilienne ne mènent à rien, de Martine résiste ou encore des Mauvaises rencontres, Alain Bonnand revient faire un petit tour du côté des lettres. Un sourire, un salut et des mots, offerts à Alexandrine, qui n'en font qu'à leur fête...

jeudi 18 février 2010

Langue française # 1 : Chardonne


Métro ligne 4, au coeur de l'épilepsie urbaine sous-terraine, l'immonde du jour se prend, pleine gueule, l'apparition d'une héroïne du monde d'avant qui, par la grâce précise de la langue de Chardonne, matadore le temps qui file :

"La beauté de Claire, c'est elle-même. Claire est tout entière inscrite sur son visage et dans la forme de ses bras. Ce qui me plaît dans son esprit est visible sur ses lèvres. Je l'ai connue en la regardant."

CLAIRE

jeudi 11 février 2010

Du soufre au coeur - la couv

Le 23 avril,
des volutes de fumée,
quelques pas de danse,
de jolies héroïnes,
Du soufre au coeur,
la langue,
à la caresse,
à l'assaut.

mercredi 3 février 2010

Juste je t'aime ....


Tu te fâches,
m'en veux,
files
mais je n'ai que l'image de toi,
Winston aux lèvres,
un verre de Macon pas loin,
en terrasse Paris XIVe,
dans le froid de janvier,
qui me parle
d'un coeur qui bat la chamade,
d'un grand-père qui meurt
quand tes larmes se cachent,
d'une vie d'hier que tu retiens
pour y déposer un dernier baiser,
d'une maman que tu dois appeler,
de Pascal Jardin, Paul Morand et Nicolas Rey - va savoir pourquoi ... -,
de tes envies enfouies,
de tes secrets révélés,
d'un film qui fait peur - Ring par exemple - que tu veux voir avec moi.
Je t'aime, demoiselle.
C'est fini ?
Non, c'est retrouvé,
comme l'éternité,
la mer allée avec le soleil.
Et, bientôt, on fugue.
Le toi, le moi.

lundi 1 février 2010

Le 23 avril 2010, Du soufre au coeur ...

Nuit grave s'est pris deux balles dans la tête.
La faute à Ben Elton, inconnu.
Nuit grave s'appellera Du soufre au coeur.
Roman d'amour et de petite mort.
J'aimais Nuit grave, ses volutes d'après minuit.
J'aime Du soufre au coeur, poussière de mes insomnies, de mes aubes.
De quoi ça parle ?
"Dans un hôpital aux airs de vieux palace, un jeune homme soigne ses tremblements, cette salsa du diable qui l’oblige, chaque matin, à verser un peu de ouisquie dans son café.
Dans sa chambre, dans le fumoir ou face à des thérapeutes en grande forme, il se souvient d’une jeune femme brune enfuie, Elsa, de la vie qui était la sienne, qui lui file entre les doigts.
Et puis il y a Djamila, Schéhérazade belle au sang bleu et chaud, Djamila débarquée chez les fous.
Dans un immonde où, partout, règnent le laid et le tiède, le jeune homme livre un dernier baroud d’honneur.
Au nom de la grâce et de la beauté qui, dixit Dostoïevski, sauveront le monde.
Du soufre au coeur est l'histoire, émouvante et mélancolique, d’une chute et d’une rédemption au milieu des décombres. Un alcool fort à consommer sans modération."

Du soufre au coeur a, pour exergue, quelques mots de Paul-Jean Toulet : « Ce que j’ai aimé le plus au monde, ne pensez-vous pas que ce soit les femmes, l’alcool et les paysages ? »
Du soufre au coeur commence par un baiser déposé, sur une page blanche, sur les lèvres de Karine Siméon, joli hasard du beau bizarre, matadoreuse du temps qui passe, héroïne du bel aujourd'hui.
Du soufre au coeur : à paraître, à lire, chez Alphée, le 23 avril 2010.