dimanche 12 mai 2013

Stendhal au bordel


Linjustice, parfois, tient à de petites choses. En cette année de commémoration Stendhal – il est né le 23 janvier 1783 – Dominique Fernandez lui consacre un parpaing de 800 pages dans la collection « Dictionnaire amoureux ». En bon spécialiste du genreil en a déjà rédigé deux sur lItalie et la RussieFernandez découpe Stendhal avec un sérieux très alphabétique. Il exécute les figures imposées, impressionne les gogos par la masse dinformations brassées. Stendhal, pourtant, ne surgit pas des pages de Fernandez : trop de lourdeurs, zéro émotion. A l’inverse, Stendhal est tout entier, terriblement vivant, dans la flânerie rapide, enlevée et stylée de Gérard Guégan : Appelle-moi Stendhal.
A travers une quête qui commence le mardi 22 mars 1842, jour de la mort de Stendhal, Guégan nous permet de répondre à une question simple : quest-ce quun écrivain français ? Henri Beyle, Stendhal a écrit ces romans quon lit à ladolescence, pour ne plus les lâcher : Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme. La langue est trépidante : lyrisme sec, cavalcade nette. Les garçons se rêvent Julien Sorel ou Fabrice Del Dongo, tombent sous le charme de Clélia Conti et Mathilde de la Môle. Du vivant du romancier : aucun succès. Les Français ne comprennent rien, au contraire des Italiens. Sur sa tombe, penser à faire graver : « Arrigo Beyle, Milanese ». Peu importe, Stendhal écrit, dans la facilité ou la douleur, se moquant des genres : Lucien Leuwen, De l’amour, des chroniques, son Journal. Guégan note : « Un professeur d’énergie, et un camarade de parti. Le seul qui compte. Le parti des âmes sensibles. »
Un parti auquel Guégan appartient sans conteste. Pas seulement parce que, comme Stendhal, il ne déteste pas les pseudonymes : Stéphane Vincentanne, Freddie Lafargue et Philippe Carella, parmi nos préférés. Guégan, surtout, a toujours fait sienne la liberté absolue dont Stendhal chargeait ses mots. Une des raisons, sans doute, pour laquelle l’histoire officielle n’a jamais été son dada. Il l’a montré en retoquant Debord ou, dernièrement, en retraçant le destin noir et tragique de Jean Fontenoy dans Fontenoy ne reviendra plus (Prix Renaudot Essai 2011).
Dans Appelle-moi Stendhal, Guégan, plus que jamais, n’en fait qu’à sa fête. Il suit son modèle à la trace, le tutoie. Diplomate de carrière, Stendhal n’est pas mort en sortant du ministère des Affaires étrangères. Il était au 9 rue de l’Arcade, dans un bordel, avec un compagnon de plaisir : Joseph Lingay, « le plus corrompu des corrupteurs », l’âme damnée de la Monarchie de Juillet. Pour que les menus vices ne s’ébruitent pas, Lingay décide d’oeuvrer pour la gloire de Stendhal. Ca tombe bien : « L’écriture, c‘est du désir et de la jouissance, et rien d’autre. » Mis dans la confidence, Guégan est aux anges et aux diables. Se jouant du temps, il hante les tavernes enfumées où l’on boit sans fin, fait dialoguer Gobineau, le dandy sulfureux de l’Essai sur l’inégalité des races et des Pléiades, et Jean Prévost, mort sous les balles allemandes le 1er août 1944 ; Jacques Laurent, auteur d’un lumineux Stendhal comme Stendhal, et Paul-Emile Daurand-Forgues, alias Old Nick, le premier et l’un des très rares à avoir salué La Chartreuse de Parme. Entre les lignes, Balzac passe, Roger Vailland et Jean Dutourd également. Ils croisent les muses cachées ou assumées du maître, des femmes mariés, des actrices, des putains: Alberthe de Rubempré, Jules Gaulthier, Clémentine Curial, on en oublie. Pour des raisons parfois peu avouables, les messieurs et les dames ne jurent plus que par Stendhal. Une exquise Monelle revient même d’une nuit d’amour, sur la plage du Prado, en 1958. Avec elle et avec Guégan, concluons : « Et maintenant, Gobineau, le temps des plaisirs s’achève, refaisons l’amour. »
Gérard Guégan, Appelle-moi Stendhal, Stock, 2013
Dominique Fernandez, Dictionnaire amoureux de Stendhal, Plon, 2013
Papier paru dans Causeur Magazine, mai 2013

lundi 22 avril 2013

Le Club des guillotinés



Deux ou trois grincheux ont égratigné La Révolution française de Louis-Henri de La Rochefoucauld, paru en début dannée. La raison : il sagirait dun roman vain, moqueur, nonchalant. On est rassuré. Cest notre plaisir en littérature et cest ce qui nous enchantait, déjà, dans les précédents textes de La Rochefoucauld : Les vies Lewis, Un smoking à la mer et Les enfants trouvés.
Avec La Révolution française, La Rochefoucauld règle ses comptes familiaux. Tout ça parce que, place de la Bastille, une jolie Marianne le quitte en lui disant : « Mon pauvre, pauvre type, il aurait mieux valu pour toi que tu ne sois pas né. » Pour ne rien arranger, un serveur demande au gandin, au lieu de lui resservir une bière, ses papiers d’identité. La Rochefoucauld ? C’est louche. Prière de s’expliquer. Ce que Louis-Henri va faire à la hussarde, avec une drôlerie féroce. Etre né de noble extraction ou ne pas être : c’est aujourd’hui, pour lui, une question de survie.
Le dernier des La Rochefoucauld ne descend pas de François, lauteur des Maximes, pour rien. Il use de la langue française avec la précision d’un sniper, ajoutant ça et là un zeste de négligé particulièrement de saison. Il allume une cigarette, se joue des volutes et commence son récit. On passe du coq à l’âne et d’un ancêtre l’autre. Ne pas oublier que, le 15 juillet 1789, c’est un Liancourt-La Rochefoucauld qui, alors que le Roi demandait « Hum … C’est une révolte ? », répondit : « Non Sire, c’est une Révolution. » Quelques-uns, qui attaquèrent la lignée rupificaldienne, en prennent pour leur grade : Saint-Simon, le Cardinal de Retz, Chamfort. Danton, Robespierre et Saint-Just : n’en parlons pas. C’est injuste, évidemment ; très brillamment visé pourtant.
La Rochefoucauld se permet tout. Il appelle son père « le grand Rabbin », se moque d’Edouard Drumont au nom d’une certaine idée des petits luxes de la vie. Il évoque un « Bal des bêtes » donné en 1885 par la princesse de Sagan, en profite pour se replonger dans La Recherche du Temps perdu. Ne surtout pas se priver des digressions. Ouvrir, par exemple, la première édition – préfacée par Jean Cau - de La Place de l’Etoile de Modiano, y dénicher encore un La Rochefoucauld. Le club des guillotinés, décidément, s’agrandit sans fin et, partout, des bribes de l’histoire de Louis-Henri surgissent, qu’il nous offre en pâture.
Au fil des pages de La Révolution française, il n’est pas sûr que la jolie Marianne revienne. Elle a tort, c’est certain. Même si on l’oublie presque. Parce que Louis-Henri de La Rochefoucauld, s’il fait le mariole comme personne entre deux mots d’esprit foutraques, sait toucher au plus près des émotions. Il se souvient de son enfance tirée à quatre épingles. Il salue la mémoire d’un ami d’adolescence suicidé. Il n’oublie pas un petit camarade de classe – Armand – tué à coups de crosse de revolver, dans les beaux quartiers, par son père, qui s’occupa à l’identique du reste de sa famille. Il cite la devise du leader vendéen Henri de La Rochejaquelein : « Allons chercher l’ennemi : si je recule, tuez-moi ; si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ! »
La vengeance de Louis-Henri de La Rochefoucauld est un enchantement, délicat comme la révérence qu’il tire : « Après m’être envoyé quelques verres derrière la cravate, je m’esquivais discrètement – j’avais un train à prendre. »
Louis-Henri de La Rochefoucauld, La Révolution française, Gallimard, 2013
VO du papier paru sur Causeur.fr, avril 2013

mercredi 17 avril 2013

Caroline Chérie, Jacques Laurent, la réédition (L'Archipel), la préface : Le dandy qui aimait les femmes ...




Il faut imaginer une époque où les best-sellers français ne ressemblaient en rien à des objets marketing. Il n’y avait pas d’études de marché pour sonder la lectrice-cible. Il y avait des histoires et du style, la fameuse « petite musique » de l’artiste : Les Racines du ciel de Romain Gary, en 1956 ; Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, en 1954 ; Caroline chérie, quelques années plus tôt.
Nous sommes en 1947. Jacques Laurent est un jeune écrivain inconnu. On lui doit une poignée de romans policiers et sentimentaux, sous pseudonymes. La guerre, qu’il passa en eaux troubles, lui a laissé le goût de l’aventure, des amis et un long texte en chantier : Les Corps tranquilles.
Pour aller au bout de son futur chef-d’œuvre, Jacques a besoin d’argent. Dans un bar de la rue de la Bourse, chez Mémène, il en parle avec Charles Frémanger, le patron des éditions Froissart. Ils boivent et fument, sans modération. Sartre, déjà, est dans le collimateur de Jacques Laurent. L’existentialisme et l’engagement, quelles conneries. Antoine Blondin, Pierre Boutang et Michel Déon – habitués du bistrot – sont d’accord. Avec Roger Nimier, on tient là une bande d’écrivains que Bernard Frank, dans Les Temps modernes, nommera les « Hussards ». Ça ne voulait pas dire grand-chose, c’est resté : « Ils aiment les femmes (Stendhal, Elle), les autos (Buffon, Auto-Journal), la vitesse (Morand), les salons (Stendhal, Proust), les alcools (un peu tout le monde), la plaisanterie (leur mauvais goût). »
Chez Mémène, Frémanger soumet une idée à Jacques Laurent : écrire un gros livre à succès. Les éditeurs sont de drôles de zozos. D’un claquement de doigts, il faut décrocher le jackpot. Frémanger veut surtout réussir le hold-up parfait, à la manière d’Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell et Ambre de Kathleen Winsor.
Jacques Laurent hésite. Il aime Alexandre Dumas et Balzac, l’histoire happée par le roman, les héroïnes et la liasse de billets promise par Frémanger. Mais il ne veut pas seulement être un « écrivain pour bonniches ». Il se procure quand même les deux pavés américains, les lit : pas terrible. Les femmes, pourtant, adorent. Elles ne jurent que par Scarlett et Ambre, paysanne devenue courtisane dans l’Angleterre de Charles II.
Jacques Laurent a compris : une jolie demoiselle, des soubresauts historiques, des rebondissements feuilletonesques et c’est gagné. Il annonce à Frémanger qu’il relève le défi : deux millions de signes, mille pages, un best-seller. Son héroïne s’appellera Caroline de Bièvre, une aristocrate tourangelle de seize ans. On la découvrira en juillet 1789, arrivant à Paris. Elle sera ravissante, frivole, passionnée. Elle traversera les troubles de la Révolution. Elle sera violentée. Elle se bagarrera comme une chiffonnière. Elle se sauvera des pires traquenards.
À partir d’avril 1947, Jacques Laurent passe ses matinées à la Bibliothèque nationale pour se documenter. L’après-midi, dans une chambre d’hôtel, il dicte. Sa secrétaire, Mme Jacquet, est une brune sensuelle aux yeux bleus. Le soleil pointant par la fenêtre, elle tape en short et pieds nus. Quand la température grimpe, elle déboutonne son chemisier. En août, Claude Martine prend sa suite. Claude Martine, bientôt, sera Mme Jacques Laurent. Caroline, c’est un peu elle : son visage, sa peau immaculée et ses remarques pertinentes sur la manière de se vêtir et se dévêtir.
Dictant son roman, Jacques Laurent se prend au jeu. Caroline cherche toujours à retrouver son grand amour : Gaston de Salanches. Ça ne l’empêche pas de coucher à droite, à gauche, avec n’importe qui : girondins, montagnards, seigneurs chouans, sans oublier un mari falot et d’adorables jeunes filles. Son corps est son bien le plus précieux ; son cœur, d’une futilité irrésistible. La fin de l’histoire – « Encore une marche, et elle saurait » – augure de nouvelles aventures.
En janvier 1948, Caroline chérie paraît en librairie sous la signature de Cecil Saint-Laurent. Le pseudonyme sonne anglo-saxon et féminin, c’est parfait. Dans des journaux pas encore people, on évoque un haut fonctionnaire préservant son anonymat à cause des passages olé-olé. Les lectrices, elles, semblent bouder. Frémanger s’angoisse : son hold-up sent le fiasco.
Un mois plus tard, grâce au bouche à oreille, les ventes du livre s’envolent. Caroline est sur toutes les lèvres. Elle enchante, amuse, fait grimper le désir des deux sexes. Un peu partout, on s’arrache la présence de Cecil Saint-Laurent, l’auteur mystérieux. On le veut en province, dans les palaces, dans les casinos, dans les halls de gare. L’argent remplissant ses poches trouées, il constate : « C’est en quittant un Paris encore engourdi dans l’hiver et en me réveillant devant la Méditerranée, où c’était presque l’été, que j’ai su que j’étais riche. »
Best-seller, Caroline chérie permet à Jacques d’achever Les Corps tranquilles, d’acheter les voitures de ses rêves (une Buick et une Chevrolet) et de devenir un cador du septième art. Des producteurs ont décidé, très vite, que Caroline devait se dévoiler sur grand écran. Les actrices se bousculent pour incarner l’héroïne. Dany Robin, vue chez Marcel Carné et René Clair, est bien placée. Problème : elle ne plaît guère à Jacques Laurent. Jacques est sous le charme d’une starlette : Martine Carol. Il lui envoie un exemplaire dédicacé de son roman : « À Martine Carol, Caroline chérie, en chair et en os. » La « Marilyn française » est blonde, voluptueuse. Elle n’a pas fait grand-chose, mais, dès qu’elle apparaît, elle attire tous les regards : une BB d’avant Et Dieu créa la femme. Bardot, d’ailleurs, dira : « Vadim m’a créée, mais Martine Carol avait inventé son modèle. »
Caroline chérie, réalisé par Richard Pottier sur un scénario de Jean Anouilh, sort dans les salles en 1951. Si les critiques sont plutôt mauvaises, le triomphe est immédiat. Cecil et Martine posent à la une des magazines à couverture glacée. L’actrice et l’écrivain : un couple très glamour. Ça doit cacher quelque chose. Le 6 février 1967, fanée par les sunlights, l’alcool et les médicaments, Martine Carol sera retrouvée morte dans sa chambre de l’Hôtel de Paris, à Monte-Carlo. Jacques Laurent a la gorge serrée et, dans la tête, une phrase de Caroline chérie : « Ma chérie, êtes-vous suffisamment sûre que vos seins sont les plus beaux du monde ? »
Oui, Martine Carol avait, dans les années 1950, les plus beaux seins du monde. Elle était le sex-symbol de la IVe République. Les messieurs la désiraient ; les femmes se paraient à son image. Il faut avouer, néanmoins, que le film fleure son après-guerre. Un remake, pourquoi pas, serait bienvenu. Les Américains devraient s’y intéresser. Amber Heard ferait, après ses prestations dans Informers et Rhum Express, une exquise Caroline de Bièvre.
En attendant, lisons et relisons Caroline chérie. Les dialogues sont brillants ; les répliques fusent. On est à la fois au cœur de l’Histoire et d’une éducation sentimentale, au plus près des courbes belles. Des poèmes ressemblent à des pastiches de Paul-Jean Toulet. On a envie de souligner des phrases. Quand Jacques Laurent décrit une dérive urbaine de Caroline : « Sans but, elle flânait. Elle rejoignit les quais de la Seine. La rivière était éclatante de lumière. Dans une pâtisserie, on vendait des sorbets. Elle y entra et dégusta avec plaisir la glace parfumée. » Quand il livre son spleen passager : « Je m’ennuie, je m’ennuie ; vais-je m’ennuyer ainsi toute mon existence ? » Quand son héroïne se révèle sous les caresses : « Elle découvrait une à une toutes les sources du plaisir inconnu que celait son propre corps et que lui révélaient les lèvres et les mains expertes de son ami. Avec un bel et joyeux appétit, elle s’offrait tout entière, n’esquissant aucun geste de défense, pas même lorsque son cavalier s’en prit à son corset qu’il essaya de dégrafer. Au contraire, se soulevant à demi, elle l’aida avec un rire frais : — Vous êtes le plus maladroit des garçons ! — Je ne le pense pas, ma chérie…, dit-il en mettant à nu la jeune et magnifique poitrine audacieuse qu’il couvrit aussitôt de savants baisers. »
Aujourd’hui comme hier, les best-sellers du moment ne font pas le poids face à Caroline chérie. Il y a, dans l’art romanesque de Jacques Laurent, beaucoup plus que cinquante nuances de gris, plus sombres ou plus claires. Au hasard de n’importe quelle page, il sait esquisser la silhouette des femmes, leurs sentiments, leurs robes, leurs dessous chics. De ses mots, il prend du plaisir et aiguise les sens : un vrai dandy libertin, chic, toujours léger et profond. Le même qui, le 29 août 1970, toujours sous le pseudo de Cecil Saint-Laurent, publie dans Paris Match un reportage dilettante autour de naïades révélant leurs seins nus et bronzés sur les plages de Saint-Tropez. Le même encore qui, un an plus tard, obtient le prix Goncourt pour Les Bêtises. Le même enfin, après Caroline, qui nous rend fou d’héroïnes prénommées Hortense, Clotilde, Clarisse et, dans ces bijoux seventies que sont La Bourgeoise et La Mutante : Catherine et Charlotte.
Il est temps, donc, de (re)découvrir Jacques Laurent, alias Cecil Saint-Laurent, la plus belle plume de 1948 et de 2013.
 

samedi 13 avril 2013

A la recherche de Virginie des Rieux


 
A la question « Pourquoi écrivez-vous ? »,  Beckett répondait : « bon qu’à ça ». Quelques-uns, adeptes des gros tirages, parlent du bien-être des lecteurs. D’autres apprécient de voir leur livre sur la plus raffinée des courbes d’une demoiselle en bikini, paressant sur le bord de la piscine d’un palace du sud-ouest de la France. On imagine enfin qu’il est délicat d’être épinglé, papillon éphémère,  par Eric Dussert dans Une forêt cachée, un recueil dont le sous-titre dit tout : 156 portraits d’écrivains oubliés.
On aime beaucoup ces livres-là. On dirait des herbiers, pleins de trouvailles et de raretés. On se souvient de La liberté de blâmer de Renaud Matignon, Mon histoire de la littérature française contemporaine de Jacques Brenner,  Solderie de Patrick Besson ou, dernièrement, de Premier bilan après l’apocalypse de Frédéric Beigbeder.
Dussert, lui, s’intéresse à ceux qu’on ne trouve plus, ou peu, en librairie. Dans ses mots, les écrivains sont entre eux, chez eux. Ca les change à l’heure où, dans l’esprit des éditeurs ou des acheteurs de Musso et Delacourt, ils ne comptent pour rien. De Bernard de Bluet d’Arbères (1566-1606) au pataphysicien Michel Ohl, Dussert trace à travers le temps, le suspend pour nous offrir des phrases perdues, des silhouettes, des destins chaotiques. Au hasard des pages, on croise ainsi un De Beauvoir, qui ne se prénomme pas Simone mais Roger. « Un mondain brillant et un aimable chroniqueur » qui a publié en 1860, chez Lévy frères, Les soirées du Lido. On a envie, tout à coup, d’aller flâner du côté des étals des bouquinistes, de chercher sous les piles et la poussière. Avec de la chance, on tombera sur des poèmes de Tristan Derême, l’ami de Paul-Jean Toulet. Cités par Dussert, ses vers à la grâce enfantine nous enchantent : « Goûte à l’heure qui sonne … / Et souris à la vie avec des yeux contents. » Maurice Dekobra, surnommé « Le Paul Morand des midinettes » dans l’entre-deux guerres, serait en droit de s’énerver. Lui, un « oublié » ? Tous ses ouvrages étaient des best-sellers. Des bandeaux ornaient ses couvertures : « Vous avez aimé Madame, le nouveau roman de Maurice Dekobra, savez-vous qu’il a été vendu, à travers le monde, plus de 1 500 000 exemplaires de ses ouvrages précédents ? » Son honneur de jetsetteur oldscoule est sauf, toutefois : La Madone des sleepings a reparu dans une collection de poche en 2010.
A la suite de Dussert, guide de haute lignée littéraire, on relit les Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon. On tchine avec Remy de Gourmont, auquel Charles Dantzig a consacré son premier et meilleur livre, en 1990, aux éditions du Rocher. Des demoiselles passent : Marie de la Hire, Irène Hillel-Erlanger, Valentine de Saint-Point. Attention, ne pas chercher querelle à Valentine, qui écrivait : « Femmes, trop longtemps dévoyées dans les morales et les préjugés, retournez à votre sublime instinct, à la violence, à la cruauté. » Avec Pierre Bost, on parle de Jean Aurenche et Claude Autant-Lara. Lointaine époque où les films français étaient écrits avant d’être tournés. On fait attendre André de Richaud et Pierre Frondaie pour une bonne raison : Virginie Des Rieux, le portrait le plus touchant de Dussert.
Blonde comme France Gall chantant Laisse tomber les filles, miss Des Rieux fut la starlette des lettres à la fin de l’été 1965. Son roman, La Satyre, mettait en scène une jeune aristo qui n’a pas froid aux yeux. Virginie, non plus, n’avait pas peur de grand-chose. Marchande de chemises à Saint-Tropez, elle voulut attaquer en reconnaissance de paternité Johnny Hallyday. Peut-être n’avait-il pas lu Chandeleur et Dorothée, second roman de Virginie ? En 1972, elle posa en maillot de bain rouge dans les pages de Playboy. On est, depuis, sans nouvelles d’elle.
A la question « Pourquoi écrivez-vous ? », finalement, Dussert donne envie de répondre : pour être oublié et se glisser dans Une Forêt cachée, à la recherche de Virginie Des Rieux.
Eric Dussert, Une forêt cachée, La Table Ronde, 2013
Papier paru sur Causeur.fr, mars 2013

Et c'est ainsi qu'Ali est grand ...




Quand il prend la plume, Frédéric Roux cogne. On sent le boxeur. Il suffit de se souvenir de certains de ses livres : Lève ton gauche !, Ring ou sa très bonne bio de Mike Tyson, en 1999. Pas étonnant donc que, dans Alias Ali, Roux s’intéresse au plus grand, celui qui titrait son autobiographie : The Greatest. La vie de Cassius Clay, devenu Mohammed Ali, étant un roman, Roux en écrit un, où pas une ligne pourtant ne semble être de lui. Ca ressemble à ce que Georges Plimpton avait entrepris pour raconter Truman Capote. Roux a tout vu, tout lu, tout entendu sur le héros. Se plongeant et coupant dans la masse de mots, d’impressions et de témoignages recueillis, il a créé une œuvre de 620 pages. C’est une performance, au sens artistique, et ça fonctionne à merveille. Ali est là, à chaque ligne, évoqué par sa mère, ses entraîneurs, sa femme, ses adversaires. On le suit pendant son enfance ; on monte avec lui sur le ring ; on croise Malcolm X ; on prends des coups ; on est champion du monde poids lourds; on flippe devant Liston, Frazier et Foreman ; on subit la déchéance du champion malade. La bande-son est signée Sam Cooke et Bob Dylan. Par-delà le corps du boxeur et ses éclats d’âme, l’Amérique des années 60/70 est mise en lumière, en accusation : ségrégation raciale, assassinat de JFK, Vietnam, Elvis, Nixon. Entre les cordes tendues, les protagonistes ferraillent, les répliques s’enchaînent. Les meilleurs plumes américaines sont de la partie : Don DeLillo, Hunther S. Thompson, Norman Mailer, Nick Tosches. Ne pas oublier Budd Schulberg – scénariste de Sur les quais de Kazan et auteur de Quest-ce qui fait courir Sammy ? et du Désenchanté autour de Fitzgerald. On lui doit cette fulgurance : « Clay a fait autant pour rendre la boxe glamour que Marilyn Monroe a fait pour le sexe. » Normal, finalement, que la boxe ait toujours passionné les écrivains. Il s’agit d’écrire comme Ali boxait : « être aérien comme le papillon et piquant comme la guêpe. » La formule est de Drew Bundini Brown, entraîneur et âme damnée. Elle signe la légende d’Ali, à laquelle Frédéric Roux offre, avec Alias Ali, un hommage monumental, punchy et stylé.
 
Frédéric Roux, Alias Ali, Fayard, 2013
Papier paru dans Service littéraire, mars 2013

vendredi 12 avril 2013

La douceur des choses


De Gaulle, qui aimait le champagne de la maison Drappier et BB dans l'œil de Vadim, n'en reviendrait pas. Il s'agit aujourd'hui, en France, d'être “ normal ”. Surtout pas de flamboyance ni d'excès quel que soit le domaine: politique, vie quotidienne, art. Le cinéma nous raconte rien sur presque tout. La musique télé-crochette. La littérature? Une pincée d'Hessel et une infusion de Delacourt avec, entre les deux, Angot pour rigoler.
Si le style français - alliage de légèreté, de panache et de mélancolie - a du plomb dans l'aile, il ne lâche pourtant pas prise. Au hasard d'une rediffusion de Plein soleil, Alain Delon et Maurice Ronet rivalisent d'ivresse farceuse dans les rues de Rome. Ailleurs, en bord de mer, une jeune fille ouvre un roman dont la première phrase tient au cœur: “ Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. ” Les mots et les héroïnes de Françoise Sagan, blondes comme Caroline Chérie ou brunes telle une apparition d'été dans un film de Rohmer, nous incitent à prendre garde à la douceur des choses. On se croirait dans un poème de Toulet ou de Pierre de Régnier: petits luxes, éclats d'âme et volupté.
Les grands vivants ne meurent jamais, comme le style français qui, définitivement, ne se conjugue pas au passé. La preuve? L'exquise silhouette belge de Virginie Efira, les entrechats d'Aurélie Dupont, un roman mexicain de Patrick Besson: Puta Madre ...
Texte paru dans Le Figaro, le 8 avril 2013

dimanche 17 mars 2013

Jean-Marc Roberts à la vie, à la mort


On allait évoquer quelques romans réussis du début dannée : Oriane Jeancourt Galignani sintéressant à Sylvia Plath (Mourir est un art, comme tout le reste); LEquipe anglaise de Killian Arthur ; ou encore le parfait Demain, Berlin dOscar Coop-Phane, prix de Flore 2012.
On en parlera, peut-être. Mais après Deux vies valent mieux quune, de Jean-Marc Roberts qui, en à peine 100 pages, dit tout, avec légèreté, des joies et des drames des choses de la vie.
La rumeur, depuis de longs mois, circulait : « Jean-Marc est très malade. » Des personnes confirmaient : « Il nen a plus pour longtemps. » Se moquant des langues déliées, Roberts, patron des éditions Stock, sest lancé dans ce quil fait de mieux avec lédition des romans des meilleures plumes de ces dernières années : une flânerie sur le fil de ses « affaires personnelles » et des étrangetés dun crabe querelleur.
Oui, Roberts est malade : tumeur 1 saison 1, tumeur 2 saison 2, écrit-il. Passant de l’Hôtel-Dieu à La Pitié-Salpétrière, de Saint-Joseph à Pompidou, il commence à connaître comme sa poche les hôpitaux de Paris. Ca lui donne d’ailleurs envie d’écrire un guide. A un moment, après une opération, il a perdu sa voix : sa plus grande douleur. Les mauvaises analyses, la radiothérapie et la chimiothérapie, finalement, ce n’est pas grand chose. La voix envolée, par contre, comme la perte des cheveux, il a failli ne pas s’en remettre.
Pour tenir, Roberts revisite, à sa guise, ses souvenirs : des étés adolescents et calabrais, les silhouettes bronzées de jeunes filles en bikini qu’on impressionne en sautant d’un rocher de trente mètres, les canulars téléphoniques de Modiano, les femmes d’une vie, les enfants, un oncle classieux et tonitruant, le visage de Muriel Cerf sur la couverture de ses premiers livres en édition poche.
Dans Deux vies valent mieux quune, rien ne pèse, surtout pas le malheur qui rôde. Roberts samuse, tord la vérité, sisole, ferme les yeux, et séduit toujours en grand vivant quil est. Même si, au détour dun paragraphe : « On aurait dit des quintes de toux comme des quintes de larmes. »
Le livre refermé, on est à la fois bouleversé et heureux, comme après la lecture des cinquante dernières pages dEve de Guy Hocquenghem et comme après une discussion trop brève avec A.D.G., en mars 2004.
Le livre refermé, on a envie de le relire immédiatement, en espérant le prochain : Jean-Marc Roberts bouleverse et rend heureux.

Jean-Marc Roberts, Deux vies valent mieux quune, Flammarion
Oriane Jeancourt Galignani, Mourir est un art, comme tout le reste, Albin Michel
Killian Arthur, LEquipe anglaise, Fayard
Oscar Coop-Phane, Demain, Berlin, Finitudes

dimanche 10 mars 2013

Roland Jaccard voyage léger


Roland Jaccard a le dilettantisme d’un éternel jeune homme. C’est une qualité qui préserve de la lourdeur. Les titres de ses livres, d’ailleurs, esquissent encore plus une singulière carte du tendre et du cynique : Journal dun oisif, Flirts en hiver, Lhomme élégant ou, notre préféré, Une fille pour lété.
A l’inverse de Beckett, Jaccard n’est pas « bon qu’à ça ». Il écrit à sa guise et selon les saisons. Suisse de Paris, il s’envole volontiers pour Tokyo et conseille à ses vieux compagnons un camp d’entraînement chez les survivalistes américains. Il semble que, loin des mots, quelques demoiselles l’occupent. Il les couchera plus tard sur la page blanche. Les journaux du jour lui donnent l’occasion de se moquer joyeusement de ses contemporains. Il ne déteste pas, l’après-midi, badiner avec un ami, offrant une photo oldscoule de Catherine Spaak et buvant des cafés très serrés, au zinc d’un bistrot du boulevard Raspail. Ca lui permet de charmer des serveuses prénommées Stéphanie. Pour dîner, les tables asiatiques ont ses faveurs, surtout quand elles sont fréquentées par Marie-José Croze et une poignée de gandins.
Quand on aime les petits luxes de la vie, on le voit, il y a des priorités. Histoire de donner le change, Jaccard a pourtant longtemps chroniqué la philosophie au Monde et publié les livres des autres aux PUF. Le Monde étant devenu illisible, il a cessé d’écrire dedans ; les PUF ayant mis Paul Gégauff à la porte, il l’a claquée à son tour. Dégagé de ces obligations, Jaccard n’offre désormais ses carnets et ses mots – mal-pensants et parfaitement ciselés – qu’à Causeur et Grasset, qui vient déditer Ma vie et autres trahisons.
Sous-titré « Récit », Ma vie et autres trahisons tient autant du journal intime que du roman, du recueil d’aphorismes que des « choses vues ». Paré de Ray-Ban et posant au loser magnifique - « Il m’est pénible de l’avouer, mais je suis un pauvre type » -, Jaccard est surtout un flâneur en fugue du côté ses obsessions, de ses plaisirs, de ses fantômes aussi. Il met à l’honneur les Lolitas et les poètes japonais. D’une ligne l’autre, Dexter Morgan dialogue avec Cioran et Bukowski. Sur l’écran noir des nuits blanches, Candy de Christian Marquand lui rappelle la silhouette d’un amour enfui. Des noms défilent : Mélanine, Rachel, Vijak, Shade. Les souvenirs, souvent, se teintent de mélancolie. Des morts parlent avec grâce ; trop de vivants, malheureusement, racontent toujours autant de bêtises. Ne pas oublier, parfois, que les gangsters sont de chics types, même quand ils ont enlevé un baron, lui coupant un doigt. Ca rassure presque, ça patine les trahisons premières.
A la fin de la balade, on a envie de relire en boucle les chapitres de Ma vie et autres trahisons. On dirait des chansons, une petite musique qui ne nous quitte pas, comme un haïku de Brautigan, comme une Physiologie des lunettes noires qui, pour Jaccard, annonce l’été. Rien ne dépasse, Roland a raison, la promesse des plages.

Roland Jaccard, Ma vie et autres trahisons, Grasset 2013
Papier paru dans Causeur Magazine, mars 2013

jeudi 7 mars 2013

Dans Schnock #6, Jean-Michel Gravier et Les Héros du peuple sont immortels ...


Qui se souvient de Jean-Michel Gravier ?
Ca a été quelque chose, pourtant, Gravier.
C’était la fin des seventies, Giscard Président et, dans Le Matin de Paris, il signait chaque semaine la chronique la plus drôle, stylée et classieuse de toute la presse : « Elle court, elle court la nuit ». A la hussarde, sa plume devant tout autant à Jacques Laurent qu’à Jacques Chazot, il inventait le nightclubbing. Il y avait Pacadis dans Libération, pour le canal « épingle à nourrice », et lui, Gravier, préférant le smoking au perfecto, s’enflammant pour une jeune actrice, Isabelle Adjani, pour Diva de Beineix ou racontant une soirée au Palace au cours de laquelle Frédéric Mitterrand, travesti en Lana Turner, chantait sur un trapèze.
Amusant ses lecteurs jusqu’au fou rire et le fâchant avec le reste d’un petit monde de paillettes qu’il zébrait de ses moqueries, « Elle court, elle court la nuit » a fait de Gravier une star. On achetait Le Matin pour lui et pour sa chronique, la première lue du journal. Qu’il égratigne une vedette ou qu’il donne l’adresse d’une table où manger après minuit, on en parlait aux terrasses des cafés. Les esthètes l’admiraient ; les insignifiants le craignaient. C’est que Gravier ne cachait rien de ses enchantements et de ses déceptions. Ses papiers, ainsi, nous offraient le pouls d’une époque, de fête, d’excès et de mélancolie, en train de crever lentement.
En 1981, l’élection de François Mitterrand fait office d’avis de décès. L’insolence de Gravier ne passe plus. Il ose ridiculiser Roger Hanin, le beau-frère, et les présentateurs télé d’Etat, apprentis people de demain. Gravier va prendre la porte, « Elle court, elle court la nuit » n’existe plus. On en retrouve brièvement la petite musique, en 1982, dans les pages du Film français, pendant le festival de Cannes où Gravier est chez lui, tenant une chronique quotidienne, allumant les mèches sur la Croisette, trinquant et tutoyant l’aube en costume de lin froissé. On en retrouve, surtout, une dernière fois, la grâce de feu follet dans le premier livre de Gravier, publié en 1988 : Les héros du peuple sont immortels.
Le titre est de Mao et devait paraître chez Albin Michel qui décida, contrat signé et ouvrage prêt à partir à l’imprimerie, que Gravier écrivait en dehors des clous. En cause, toujours, quelques piques destinées à son amie Adjani – qui ne lui en voudra guère -, à Barbara, au très pénible Michel Boujenah, entre autres. Grâce à Patrick Besson, Les héros du peuple sont immortels sort chez Fixot. Le livre - « triste et gai, nostalgique comme nos rêves » - est encensé par la presse, boudé par les lecteurs. La beauté, pourtant, est y partout. Dans une suite de lettres, qu’il ne postera jamais, Gravier raconte ses passions et se raconte : « Certains ont choisi lor (traduction contemporaine du mot argent). Dautres un faux pouvoir. Certains ont cru à la croyance. Les plus fous ont cru en eux. Moi, je nai pas eu le choix : cétait vous ou rien. Moi, jai grandi avec vous : jai vu naître Nicolas (Charrier) et David (Hallyday), jai pleuré pour Farah, tremblé pour Soraya, prié avec Fabiola ; comble de la misère, jai souffert avec elles les mille maux des princesses Grimaldi. Forcément, ça crée des liens. » C’est l’histoire d’un jeune homme qui quitte l’Algérie, arrive à Grenoble en 1964. Sur Europe 1, Salut les Copains, il écoute Dalida et Sylvie Vartan. Dans les salles obscures, il tombe amoureux de Françoise Dorléac, ne se remettra jamais de son accident de voiture fatal. Il lui envoie des mots doux, qu’il ne faut pas secouer : ils sont plein de larmes. Plus tard, il y aura Etienne Daho, des Catherine, des Isabelle, des Anouck, Ingrid Caven aussi.
Invité dans Bains de minuit par Thierry Ardisson, Gravier est questionné : « Tu ne te trouves pas un peu ringard ? » Il ne répond pas, visiblement touché comme une midinette imprudente, se contente de sourire. Sait-il que son livre est un petit bijou, de ceux qui, des années plus tard, bien après sa mort en 1994, servent de mot de passe entre dandy ?
Texte paru dans Schnock#6, mars 2013

lundi 4 mars 2013

Comme Virginie Efira, faites d'Une âme damnée-Paul Gégauff votre livre préféré ...

Dimanche, on a fait ce qu'on ne fait jamais : ne pas jeter Version Fémina et même ouvrir ce magazine du dimanche.
Parce qu'on l'aime beaucoup depuis toujours - qu'elle soit la plus charmante des présentatrices du petit écran ou qu'elle nous enchante sur le grand dans des comédies romantiques -, on a lu tout de suite l'itévé de Virginie Efira, à l'affiche de 20 ans d'écart de David Moreau - à qui l'on devait déjà en 2006 le très bon et horrifique ILS avec Olivia Bonamy.


Les réponses de Virginie sont délicates, drôles, légères. A la fin de l'itévé, la journaliste lui demande son "Carnet intime", ce qu'elle apprécie : films, musique, gastronomie. Concernant son livre préféré, Virginie nous touche plein coeur : "Une âme damnée-Paul Gégauff d'Arnaud Le Guern".


On en redemanderait presque.