vendredi 3 octobre 2008

Libérez Rouillan !

Un auxiliaire de police - pigeant à L'Express, journal des huissiers et des kinés - a demandé à Jean-Marc Rouillan : "Regrettez-vous les actes d'Action directe, notamment cet assassinat ( celui de Georges Besse, alors pédégé de Renault ) ?"
La réponse de Rouillan :
"Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique."
La réponse de Rouillan n'est ni un crime ni un délit. La réponse de Rouillan, au contraire, est d'une perfection exemplaire. Dans une époque où un mea culpa se doit d'être public - sinistre manière de se pisser dessus et de s'humilier devant le plus grand nombre -, Rouillan se tait. Parce que la justice lui a enlevé le droit d'évoquer une part capitale de son histoire. Parce que la complexité intime d'un condamné est incompréhensible pour les pieds-pensants qui, partout, ont pignon sur rue. Parce que 20 ans de prison lui ont appris à s'armer de silence face à un temps qui veut sa peau.
Pour avoir donné cette réponse, Rouillan s'est pourtant vu notifier la fin de son régime de semi-liberté. Rouillan passe, de nouveau, ses journées en tôle.
A droite, à gauche, on se réjouit. A droite, à gauche, les crapules feraient mieux de fermer leur gueule : leur haleine pue.

7 commentaires:

Thierry Marignac a dit…

Rouillan est un homme honnête. Il faut le souligner. Il a purgé sa peine, et depuis quand, en démocratie, on a plus le droit de l'ouvrir ? Quand je disais que Mondelibre a intégré le stalinisme agonisant. Il faut maintenant que Rouillan AIME Big Brother.

nicolas a dit…

Rouillan n'a pas purgé sa peine : il bénéficiait d'une semi-liberté (la journée aux éditions Agone, la nuit aux Baumettes) qui devait déboucher sur une conditionnelle en décembre.
Il lui était interdit d'évoquer publiquement les crimes pour lesquels il a été condamné ; cette mesure n'est pas spécifique aux anciens terroristes, Bertrand Cantat a eu droit à la même.
Cela ne justifie en rien qu'on le remette au placard, le parallèle avec la fin de Winston Smith ("tout était pardonné et son âme était blanche comme neige") étant tout à fait pertinent.

Thierry Marignac a dit…

Désolé, Rouillan ne m'intéresse pas je ne connaissais pas les détails. Merci de ces précisions.
Je n'ai pas l'impression qu'il les ait évoqué. En tout cas pas directement, et il est inutile d'insister sur le rôle de ces charognes de journalistes dans cette histoire. Surveiller et punir. C'est eux qui surveillent, c'est dautres qui punissent.

Elfie a dit…

Un révolté le restera pour la vie,les journalistes sont des requins,meme pas j'aime bien les requins,mais bon un tavail de salopard...

Mais bon on s'en fout,Trust chante pour Ségolène alors...
Les antis-sociaux vont-ils perdrent leur sang froid?

Thierry Marignac a dit…

Les anti-sociaux perdent leur sang-froid tous les jours dans la guerre réelle et sous-jacente, anonyme, qui se passe de déclarations.
Ce qui est croquignolet ces jours-ci c'est de voir les capitalistes dans tous leurs états.

Elfie a dit…

Je suis d'accord Thierry,mais ce révolté tout seul,n'avance pas a grand chose,a part perdre ces cheuveux,ou qu'ils deviennent blanc!
Justement profitons de cette "crise", ou est passé la réputation des français a ouvrir leures gueules!
Je pense que la peur a envahie,la Gaule...Aie-aie-aie

Thierry Marignac a dit…

Vous parlez de révolté ou d'anti-sociaux, pasque c'est pas pareil. Je ne partage pas du tout les élans lyriques d'un Mec comme Rouillan par ailleurs, pensant comme D. de Roux que quiconque prétend parler au nom du peuple est un foutu salaud.
Par ailleurs je ne le plains pas spécialement, il joue, il paie, c'est la vie. Sauf aujourd'hui où c'est injuste, et il faut le dire.
Les Français sont depuis longtemps rangés dans les Occidentaux ramollos. Rien de neuf.