mercredi 19 décembre 2007

Lire Berthet !

D'abord commencer par les mots du camarade Smith-Garcia, clin d'oeil peau épique et complice : c'est ici, c'est beau, c'est parfait :
Puis Daimler s'en va - l'acheter, le voler, se le faire offrir pour oublier l'ordurerie des tristes nuits.
Puis une Simple journée d'été
Puis Paris-Berry
Puis Félicidad
Puis Le retour de Bouvard et Pécuchet
Enfin le Journal de Trêve.
Lire Berthet. Tout Berthet.
Pourquoi ?
Parce que la grâce qui s'y cache fait penser à celle des demoiselles parlant, la nuit sur les boulevards, aux étoiles endormies. Parce que la langue y étincelle et fout le feu aux décombres. La preuve, en vrac :
. « Voici un peu de vent et de soleil : ce qu’on aimerait exactement être. »
. « Une passante fait passer comme un oiseau son ombre sur ma table. »
. « J’ai des souvenirs comme un défilé de mode, une mémoire comme un soir de cocktail, je n’évolue jamais dans ma chronologie sans avoir un verre à la main. Se souvenir, c’est comme sortir. »
. « Que de fois n'ai-je pas entendu, dans ma vie, l'expression :
_ Mais, tu ne te rends pas compte.
Il faut croire que non.
Ou alors, pas des mêmes choses, peut-être ? ».

Lire Berthet, mort plus vivant que les morts-vivants du jour.


19 commentaires:

Une petite fille blonde dans les blés a dit…

Merci pour le conseil. J'aime beaucoup.

ALG a dit…

Scarlett est évidemment une héroïne de Berthet. Lire Berthet et penser à Scarlett.

rl a dit…

Je n'ai pas tellement envie de penser à une femme quand je lis Berthet mais quoiqu'il en soit, plus ça va, plus je la trouve belle.

Thierry Marignac a dit…

Pourquoi est-ce que je trouve ça pas mal, mais facile ?
Vous êtes Parisiens ? Alors vous savez écrire ça, c'est "la limaille subtile de grâce" dont parlait Drieu. Pour écrire vraiment qq chose de de bien il faut faut le pas supplémentaire de mettre cette grâce au travail. Jusqu'à présent, je ne vois pas ça dans votre Berthet. Bon je vais le lire je crois, merci pour la liste.

Les moissonneuses a dit…

Ouais, moi aussi je suis en train de le lire, vu que ça a l'air bloguesquement hype. J'en suis page 31. Possible que ce soit à cause de mes récentes lectures, mais pour l'instant je ne me roule pas par terre d'extase littéraire.
Je repasse quand j'ai terminé.

Jenny suarez-ames a dit…

Fausse manip', c'est pas les Moissonneuses qui parlent, juste ma pomme.

rl a dit…

En tout cas, mister Marignac, critiquer sans avoir lu et avec une telle véhémence, c'est ce qui s'appelle se foutre de la gueule du monde !

Alfredo Smith-Garcia a dit…

La limaille de la grâce, ce n'est déjà pas si mal quand on a eu tant de fois le droit aux copeaux de merde de l'autofiction, non?

Thierry Marignac a dit…

Je parlais des extraits que je lis ici et là et que je trouve merdiques, ça te défrise ? Parce qu'il y a des tas de trucs qu'on ne lit pas et qu'on sait que c'est de la merde à rtepiquer des extraits ici ou là, pasqu'on n'est obligé de se tapert toutes les infos à lma con qu'on se fait bombarder, tu me suis ?

Thierry Marignac a dit…

Et ce que j'ai lu je trouve ça facile. je sais le faire. Ce qui m'impressionne c'est ce que je sais pas faire. Il y a des tas d'exemples, dont j'ai déjà parlé. Alors vas-y tapes toi les volumes mais moi j'ai pas le temps, si il y a pas un trésor que je peux voir…

Thierry Marignac a dit…

Eh rat de bibkliothèque, chaisière, grue de bénitier, universitaire !…

Alfredo Smith-Garcia a dit…

C'est à RL que tu parles, là Marignac, ou faut que je t'envoie mes témoins?

Thierry Marignac a dit…

J'ai oublié qui était RL, donc si ça fait partie de la famille, je m'excuse platement et sans aucun orgueil déplacé. Je n'arrive pas à trouver de qui c'est les initiales mais si AFg est aussi autoritaire il doit être très haut placéj'ai intérêt à me tenir à carreau. Oh je connais ma place…

Thierry Marignac a dit…

Si ça se trouve c'est même une femme et alors là, j'ai vraiment l'air malin. Ça m'apprendra à me prendre pour un contempteur de la culture.

Jenny Suarez-Ames a dit…

Oui, c'est une femme, c'est la famille, c'est pas dur à trouver.

Bon, le Daimler, je l'ai fini, je trouve ça pas mal du tout, plaisant, malin, intelligent, même, (soyons fous) mais pas indispensable au point d'en causer sur tous les blogs. Oui, bon livre, oui. Mais je m'attendais à un choc littéraire, à du jamais lu, à des Enfants tristes, je m'attendais sûrement à trop, en fait. Et je trouve un peu de Glenn Baxter, de mon ami Junger (de mon ami Toma: http://monamijunger.canalblog.com/), un peu de je ne sais quoi qui me plaît d'ailleurs (le 2, j'ai beaucoup aimé le 2), un peu de Brautigan (entre les références aux rêves de Babylone et la pêche à la truite...). Un peu.

Un Junger, pour expliquer:

Je croise fortuitement mon ami Junger alors que je suis en train de faire mes provisions dans un supermarché d'une marque connue. Je remarque que le caddie de Junger est rempli de produits dont, à priori, il n'aura pas l'usage : des serviettes d'intimité féminine, plusieurs appareils de téléphonie mobile et des corn flakes.

- Mais ; fais-je ; pourquoi veux-tu acheter tous ces consommables.

Junger concède qu'effectivement, il ne pense pas avoir envie de tout ça, mais que les réclames télévisées l'avaient convaincu qu'il en avait besoin.

Je réalise que Junger est bien plus adapté à notre société de consommation que je ne le suis moi-même ; je le regarde avec admiration et envie, et cours m'acheter des serviettes d'intimité féminine, plusieurs appareils de téléphonie mobile et des corn flakes.

Thierry Marignac a dit…

Oui c'est ce que je dis depuis le début, pas mal, mais on sait le faire aussi.
Bon, Rubia je te dois des excuses, dans mon brouillard grippo-codéiné je n'ai pas reconnu tes initiales. J tiens à te ménager pasque tu es une des rares de droite chez les moissons sanglantes, perdues au milieu de ces petits zorros bidons forts en gueule qu'il faudra éliminer aussi très vite un de ces jours.
Mais quand même il faut que tu saches qu'on est obligé de sélectionner, pour les lectures. Et après ça je génuflexe devant ton ingénuité et ta grâce!

Rubia loca a dit…

Je n'en demandais pas tant ! Surtout que c'était un commentaire pas méchant du tout juste un tout petit peu moqueur. Mais j'aime bien les génuflexions surtout quand ce sont mes atouts qui les imposent ! Bref, aucune rancune, je préfère que ce soit sur un blog que face en face car il y en a qui se gênent pas... Trop de lunes attiques dans cette ville.

Thierry Marignac a dit…

La populace nous excusera de nos effusions. Elles ont au moins le mérite de me faire plaisir.
Je génuflexe sans aucune réserve devant vos avantages tant moraux qu'esthétiques. Quant à me chambrer vous n'êtes heureusement pas la première.Sinon, n'accordez pas trop d'importance aux frustrations diverses, vous paraissez savoir de quoi il retourne. C'est ça, votre santé!

O. a dit…

J'étais déjà magnétiquement attiré par Berthet, notamment suite aux différents articles parus au moment de la parution du "Journal de trêve". Ai trouvé "Paris-Berry". Pas déçu. De l'antique, maître, de l'antique.