Le grain de peaud'Asia
nous dit
qu'elle n'est pas morte
Quoi ?
L'Eternité,
qui est
l'autre nom
canaille
de la Beauté.
« Ce que j’ai aimé le plus au monde, ne pensez-vous pas que ce soit les femmes, l’alcool et les paysages ? » P.J. Toulet
Le grain de peau
Ma femme à la chevelure de feu de bois
A Rennes, pendant trois jours, il y a eu le feu d'artifice des belles amitiés. Les vieux et les moins vieux camarades aux blazes de joyeux brigands - Paulin'ho, Bibi, La Chotte, Robertinovitch, Lulu, Poissel -, les bons vins, les alcools forts, un bistrot nommé Le Petit vélo, les mots fusées, les éclats de voix, la dérive sur les vieux pavés de cette vieille ville, l'électricité au coeur de la nuit, celle qui brutalement appelle l'aube. Dans le baluchon de l'aube, quelques cadeaux : J'ai déjà donné ... de ADG, Tu ressembles à ma mort de Fajardie, Comme un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruines de Leroy et Les héros du peuple sont immortels de Jean-Michel Gravier. L'aube se rappelle de Jean-Michel Gravier, feu follet mort en 1994.
"Lo-Li-Ta... lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon pêché, mon âme. Lo-Li-Ta... le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir à trois cogner contre les dents... Lo-Li-Ta.... Elle était Lo le matin. Lo, tout court. Un mètre quarante huit en chaussettes debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c'était toujours Lolita."
Tous les plaisirs sont dans Lady B.[1], recueil de poèmes de Philippe Lacoche auquel est joint un CD où chaque texte, mis en musique, se transforme en morceau d’un psychédélique « conte érotico-pop ». Le premier plaisir, celui du regard, nous happe dès la couverture : l’absolue beauté – en noir et blanc – des jambes d’une femme, les résilles qui les parent, une main et un talon fin délicatement posés à même le sol. Sur cette esquisse de silhouette, Lacoche va jeter ses mots légers et secs taillés dans les bulles des douces ivresses.
Ségolène est en train de mettre une branlée à Nico le petit - il est 22 h 35. Elle cogne bien. Précise, nette, punchy, belle pour le première fois. On dirait presque - tout est dans le presque - la fille d'Ali. Lui, il redevient nabot. On ne l'entend pas. Il reprend ses tics. Il n'attaque que le mari - bien joué l'enculé. Une question : Ségolène, pourquoi ne pas balancer sur Cécilia, sur Nico et sa mumuse au beurre noir ?