samedi 25 avril 2009

La dolce vita

La bande-son de nos "Nuits graves"
En noir et blanc
où s'imprimerait, par exemple,
le rouge des bottes
de la plus jolie blondine de la Cité,
Miss Judith S. von E.

jeudi 2 avril 2009

Une brindille


Une brindille blonde, la plus exquise des Ashkénazes à l'âme slave et à la mèche d'Albator sur son oeil bleu, esquisse, d'une voix de cristal rieur, les lignes d'ombre des contes de ses mille et une nuits.
Elle a connu des aristos, la coco directo dans les veines, des poètes ivres, les limousines avec chauffeur en bas d'un hôtel particulier, des voyous sorties de taule, les plages bretonnes à l'heure où l'écume roupille, des petits barons de la finance, les messes en latin les dimanches d'ennui, des dandys en Ferrari, la corde au cou des dynamiteurs d'étincelles, des Russes barbus, enfouraillés et flamboyants, les palaces où quelques filles donnent un peu de joie aux insomniaques.
Elle a pourtant attendu 32 ans pour fumer, une longue soirée de printemps, sa première cigarette au comptoir du Scott, planque d'après minuit sise 7 rue Delambre. C'était une bastos, Billie Holiday chantait Strange fruit et la fumée, sur les lèvres de la brindille blonde, ressemblait au tarmac des baisers.